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# Créateurs de contenus, artistes et sportifs : se taire, c'est aussi prendre position
- URL: https://da.van.ac/se-taire-cest-aussi-prendre-position/
- Published: 2026-11-05T07:30:00.000Z
- Updated: 2026-11-05T23:00:00.000Z
- Description: Créateurs de contenu, artistes, sportifs : face à l'extrême droite, beaucoup choisissent le silence au nom de la neutralité. Aucune loi ne l'impose aux créateurs, ce silence a lui aussi un prix, et la Belgique a tranché la question autrement.
- Author: davanac
- Tags: Imprévisibilité, Factualité, Playground

Texte rédigé avec une IA, sous la direction et la responsabilité de Damien Van Achter. [Son rapport de fabrication](#rapport-fabrication) est en fin d'article.

Mi-mai 2026, Didier Deschamps présente sur TF1 sa liste pour la Coupe du monde. Quelques jours plus tôt, dans Vanity Fair, Kylian Mbappé a mis en garde contre une victoire du Rassemblement national, et les cadres du RN comme les éditorialistes de CNews lui sont tombés dessus. Interrogé sur la sortie de son capitaine, le sélectionneur répond, [selon Foot Mercato](https://www.footmercato.net/a679987067545827981-equipe-de-france-deschamps-reagit-aux-propos-de-mbappe-contre-le-rn?ref=da.van.ac) : « Chacun a sa liberté, ça amène à des débats, mais le reproche il est là, qu'il parle ou non. »

Qu'il parle ou non.

Deschamps n'a jamais prétendu théoriser les médias. Il vient pourtant de résumer, mieux que mes slides, ce que je répète en conférence : quand tu décides de parler d'un sujet, tu as un impact sur la suite. Quand tu décides de ne pas en parler, aussi.

Tibo InShape l'a appris à ses dépens. Avant les législatives de 2024, le youtubeur ne voulait pas dévoiler son vote. [Selon Les Gens d'Internet](https://gensdinternet.fr/?p=35911&ref=da.van.ac), ce refus lui a valu d'être harcelé, traité de « facho » et écarté de plusieurs événements de streamers. Il a fini par écrire sur X qu'il votait pour la liste Ensemble. Son silence ne l'a protégé de rien.

J'entends pourtant de plus en plus de créateurs, d'humoristes, de sportifs expliquer que prendre position sur le RN ou sur LFI, « ce n'est pas leur job ». Je comprends l'argument quand il vient d'un journaliste. Je le comprends beaucoup moins quand il vient de gens qu'aucune règle déontologique n'oblige à la neutralité. Alors j'ai voulu savoir ce qui les retient vraiment.

## En juin 2024, les créateurs se sont comptés

Le 9 juin 2024, Emmanuel Macron dissout l'Assemblée. Cinq jours plus tard, Squeezie publie sur Instagram une « lettre ouverte à tous les jeunes qui me suivent ». Il ne donne aucune consigne pour un parti. Il écrit seulement, [rapporte Ozap](https://www.ozap.com/actu/-le-rn-ne-vous-aidera-pas-squeezie-s-engage-contre-l-extreme-droite-dans-une-lettre-ouverte-publiee-sur-instagram/644456?ref=da.van.ac) : « Le RN ne vous aidera pas. »

Le 17 juin, plus de 200 streamers et vidéastes signent sur le Club de Mediapart une tribune intitulée « L'histoire nous regarde ». Antoine Daniel, Nota Bene, Manon Bril, MisterMV en sont. Deux phrases du texte, [reprises par Ozap](https://www.ozap.com/actu/legislatives-2024-plus-de-200-streamers-appellent-a-voter-contre-l-extreme-droite-et-pour-le-nouveau-front-populaire/644497?ref=da.van.ac), vont droit au sujet de cet article : « L'heure n'est plus à la neutralité », et « les seuls sponsors et les seuls abonnés que l'on peut perdre sont ceux qui tolèrent un pouvoir d'extrême droite ».

Le mot « sponsors » figure noir sur blanc dans la tribune : les signataires savaient très bien ce qu'ils risquaient.

Squeezie a payé. Dans les jours qui ont suivi, il a perdu près de 100 000 abonnés sur YouTube et en a gagné plus de 80 000 sur Instagram, d'après les relevés de Social Blade [cités par Les Gens d'Internet](https://gensdinternet.fr/2024/06/27/quel-est-limpact-des-influenceurs-sur-les-elections-legislatives/amp/?ref=da.van.ac). Quatre mois plus tard, face à Élise Lucet, il ne regrettait rien : « Avec l'influence que j'ai, je ne pouvais pas ne rien dire. »

Les autres se sont tus. En juillet 2024, Louis Cznv les a interpellés sans les nommer : « Vous étiez où pour partager, ne serait-ce que des posts ? »

Les raisons du silence, quand elles sont dites, tournent autour de trois mots : la légitimité, la vie privée, le rôle. Antoine Griezmann, en conférence de presse à l'Euro, le 20 juin 2024 : « Je vous parle aujourd'hui en tant que joueur de football et je n'ai pas à utiliser ma notoriété pour cela. » Léon Marchand, au JT de France 2, le 30 août 2026 : « Je préférerais rester loin de tout ça », parce qu'il ne se sent « pas légitime ».

Hugo Travers, lui, tient une autre position, et elle mérite qu'on la distingue. HugoDécrypte fait de l'information. Il explique [à la RTBF](https://www.rtbf.be/article/c-est-une-grosse-responsabilite-rencontre-avec-hugodecrypte-la-reference-de-l-information-chez-les-jeunes-11635270?ref=da.van.ac) que « ceux qui nous suivent, ne nous suivent pas pour avoir mon opinion personnelle », tout en reconnaissant qu'« aucun média n'est parfaitement neutre » et qu'il a une ligne éditoriale. C'est une ligne de journaliste, assumée comme telle. On peut la discuter. On ne peut pas la confondre avec le silence de l'influenceur lifestyle qui vend des gourdes.

## Un créateur n'est tenu par rien, sauf par ceux qui le paient

Pour éclairer ces silences, un détour suffit : regarder qui est tenu par quoi. Et là, les trois métiers ne jouent pas dans la même ligue.

Le sportif en équipe de France a une contrainte juridique. Le 15 juin 2024, après la sortie de Marcus Thuram (« se battre au quotidien pour que le RN ne passe pas »), la Fédération française de football a publié un communiqué réclamant que soit respectée « sa neutralité en tant qu'institution, ainsi que celle de la sélection nationale ». Elle a de quoi s'appuyer : en 2023, [le Conseil d'État a jugé](https://www.conseil-etat.fr/content/download/186978/document/458088-4595478-463408.pdf?ref=da.van.ac) que les joueurs sélectionnés en équipe de France sont « soumis au principe de neutralité du service public » pendant les compétitions. Personne n'a encore tranché si une conférence de presse en fait partie, mais la contrainte existe.

L'artiste a une contrainte économique, plus diffuse. Il dépend de programmations, de playlists, de subventions. En juillet 2024, après un « gros fuck à Cyril Hanouna » sur Instagram, la chanson de Zaho de Sagazan a disparu des playlists d'Europe 2 et de RFM, deux radios du groupe Lagardère. Près de 500 artistes y ont vu un boycott. Lagardère a répondu qu'il s'agissait de « programmation musicale ». Le lien n'est pas établi. La peur, si : quand le pianiste Alexandre Tharaud a fait circuler une tribune, certains collègues ont refusé de signer, et il l'a expliqué [à franceinfo](https://www.franceinfo.fr/culture/musique/chanson-francaise/legislatives-2024-le-monde-de-la-musique-contre-l-extreme-droite-mais-en-ordre-disperse%5F6631650.html?ref=da.van.ac) : « Certains artistes sont liés à une structure subventionnée ».

Le créateur de contenu, lui, n'a ni fédération ni code de déontologie au-dessus de sa tête, et la loi le laisse libre. La loi française de 2023 sur l'influence commerciale ne contient pas une ligne sur l'expression politique. Le règlement européen sur la publicité politique, appliqué depuis le 10 octobre 2025, protège même explicitement l'opinion libre. Son article premier [le dit en toutes lettres](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L%5F202400900&ref=da.van.ac) : « Les opinions politiques exprimées à titre personnel ne sont pas considérées comme de la publicité à caractère politique. » La seule ligne rouge tient à l'argent : une opinion cesse d'être personnelle quand elle est payée par un tiers. Les orientations de la Commission prennent l'exemple des influenceurs : tant qu'ils ne sont pas rémunérés pour donner leur avis sur une réforme, ils sont hors champ.

Donc, juridiquement, rien n'empêche Inoxtag, Léna Situations ou n'importe quel créateur de dire ce qu'il pense du RN. Rien, sauf ceux qui le paient.

Le mécanisme porte un nom dans l'industrie publicitaire : la « brand safety », la sécurité de la marque. Le référentiel qu'a utilisé le secteur de 2020 à 2024, celui du GARM, une initiative de la Fédération mondiale des annonceurs arrêtée en août 2024, classait la prise de position partisane sur les questions de société débattues en risque moyen ou élevé pour une marque. Dans la logique de ces grilles, un créateur qui s'engage devient un support que les acheteurs d'espace préfèrent éviter.

Aux États-Unis, à l'automne 2024, [Digiday a documenté](https://digiday.com/marketing/brands-push-for-apolitical-influencers-to-avoid-backlash-as-u-s-presidential-election-looms/?ref=da.van.ac) des contrats qui interdisaient tout contenu politique pendant la campagne présidentielle, dont un, avec une marque de santé, de septembre 2024 à janvier 2025\. La créatrice Mollie Daniela résumait la règle tacite (traduit de l'anglais) : « Exprime-toi, mais ne t'exprime pas si tu veux payer ton loyer. » Une professionnelle du secteur, Bette Ann Fialkov, donnait la raison : « La plupart des marques ne peuvent pas se permettre de perdre les gens de l'autre camp. »

Pour la France, je n'ai trouvé aucun contrat rompu ni aucune clause écrite qui le prouve noir sur blanc. Les agences le disent à demi-mot, les créateurs le laissent entendre, personne ne le documente. C'est la limite de cet article, et elle compte : le silence par peur des marques reste une hypothèse solide que rien n'établit encore en France.

Il y a aussi un étage de plus. Les plateformes ont elles-mêmes fermé le robinet. Google a cessé de diffuser de la publicité politique dans l'Union européenne et [interdit sur YouTube](https://blog.google/company-news/inside-google/around-the-globe/google-europe/political-advertising-in-eu/?ref=da.van.ac) les promotions politiques payées. Meta a fait de même le 6 octobre 2025, pour les publicités « politiques, électorales et sur les enjeux de société ». Le contenu organique reste libre. Mais le signal envoyé à tout l'écosystème est limpide : le politique est une zone à éviter.

## La parole coûte plus cher chaque mois

Ce serait trop simple de s'arrêter là et de traiter de couards tous ceux qui se taisent. Parce que ceux qui parlent prennent des coups, et ces coups ont changé d'échelle depuis la rentrée.

Le 16 septembre 2026, Teddy Riner confie dans Stade 2 que la tournure que prend le pays l'angoisse : « L'extrême droite. Il faut appeler un chat un chat. » Le lendemain, Pascal Praud lui consacre son édito sur CNews et lâche, selon Ozap : « Ce que dit Teddy Riner ou rien, c'est au fond la même chose. Les Français s'en fichent. » Le 23 septembre, le parquet de Paris ouvre une enquête pour injures publiques racistes et cyberharcèlement après la vague de messages qui a suivi.

Le même Praud annonce, le 22 septembre, qu'il fera désormais chaque matin un point sur les artistes qui se mobilisent contre le RN. Premier visé : l'humoriste Paul Mirabel, qui venait de dire dans Quotidien qu'il était « contre certains partis qui prônent la division ». Sur France Inter, Patrick Cohen a résumé la méthode en quatre mots : « Il dresse des listes. »

Mbappé, lui, a eu droit à Jordan Bardella dès 2024 (« je suis un peu gêné de voir ces sportifs qui gagnent beaucoup d'argent donner des leçons ») puis, en mai 2026, à Laurent Jacobelli sur Europe 1 : « ce n'est pas un citoyen comme les autres ».

Ceux qui parlent répondent exactement l'inverse, comme Riner dans C à vous : « Même si je suis sportif, je suis citoyen avant tout et j'ai mon mot à dire. »

Face à ça, tout le monde n'a pas les épaules. Marie Cayrel, qui dirige l'agence d'influence OVW, le disait en juillet 2024 [aux Gens d'Internet](https://gensdinternet.fr/2024/07/05/avant-le-second-tour-des-elections-legislatives-ces-agences-dinfluence-reagissent-aux-prises-de-parole-des-influenceurs/amp/?ref=da.van.ac) avec une honnêteté rare : « la neutralité n'existe pas en politique », mais « tout le monde n'est pas en capacité psychique, psychologique et physique de se positionner politiquement ».

Elle a raison sur les deux tableaux. Et c'est précisément pour ça que la question ne peut pas rester individuelle.

## La Belgique a rendu la position collective

En Belgique francophone, on a réglé une partie du problème il y a trente-cinq ans. Après le « dimanche noir » du 24 novembre 1991, la RTBF a décidé de sa propre initiative de ne plus donner d'accès direct, en direct, aux partis non démocratiques. Le Conseil d'État a validé le principe en 1999\. Le reste de l'audiovisuel francophone a suivi, puis le Conseil de déontologie journalistique l'a étendu à toute la presse, hors campagne comprise.

Le cordon sanitaire médiatique, c'est une position. Collective, écrite, assumée. Personne n'y demande au présentateur du JT de risquer seul sa carrière : la règle le couvre.

Et les créateurs ? C'est là que la Belgique a une longueur d'avance que peu de gens connaissent. Le règlement électoral du CSA, en vigueur depuis février 2024, s'applique aussi aux « vlogueurs et éditeurs actifs uniquement sur plateforme ouverte ». Ils sont dispensés d'employer un journaliste, mais tenus, [précise le texte](https://www.csa.be/elections/wp-content/uploads/sites/5/2023/10/251023%5FAvis-03%5FReglement-relatif-aux-programmes-sur-les-services-de-medias-audiovisuels-en-periode-electorale.pdf?ref=da.van.ac), de ne pas ouvrir leur micro aux représentants de courants non démocratiques. Les limites sont réelles : la règle ne vaut qu'en période électorale, et seulement pour les créateurs que le CSA considère comme de vrais éditeurs, avec une activité économique et une responsabilité éditoriale. Le TikTokeur militant non monétisé y échappe. Mais le principe est posé : en Belgique, « ce n'est pas mon job » ne tient pas toujours.

La RTBF est allée plus loin pour sa propre antenne. Son dispositif électoral de 2024 rangeait parmi les « militants notoires », à tenir à l'écart des émissions de divertissement pendant quatre mois, « les influenceurs actifs notamment sur les réseaux sociaux, qui, de manière ouverte, manifeste et répétée, soutiennent un parti ou un candidat ». Le texte écarte ceux qui soutiennent un parti, il ne dit rien de ceux qui s'opposent à l'extrême droite.

Le dispositif a ses critiques. Reporters sans frontières qualifiait déjà en 2010 le cordon imposé à la RTBF de censure. Le chercheur Benjamin Biard, au CRISP, constate qu'il a tenu les idées d'extrême droite hors des plateaux sans garantir qu'elles circulent moins. Le débat est légitime. Il n'empêche que la règle existe, et qu'elle protège ceux qui l'appliquent.

La Flandre, sans cordon médiatique, montre l'autre scénario. En février 2026, aux MIA's diffusés par la VRT, le rappeur Baloji a lancé « Fuck Vlaams Belang » en remettant un prix. Le président du parti, Tom Van Grieken, a réclamé des sanctions contre la VRT. Un député du parti a porté plainte devant le régulateur flamand, qui l'a rejetée en avril. La riposte n'a pas visé l'artiste. Elle a visé le diffuseur public et son financement.

En avril 2026, la ministre flamande de la Culture, Caroline Gennez, a écrit noir sur blanc dans sa note de politique qu'il existe un risque structurel d'autocensure, de programmation défensive, de créateurs qui évitent la politique par peur du retour de bâton.

Un dernier chiffre, flamand lui aussi, devrait faire réfléchir les agents d'influence. Une enquête de l'Arteveldehogeschool auprès de 1 383 jeunes de 18 à 30 ans, [publiée en octobre 2024](https://ahscdn.be/sites/default/files/2024-10/Onderzoeksrapport%20Politiek%20voor%20Gen%20Z%202.pdf?ref=da.van.ac), montre que 17 % d'entre eux se désabonneraient d'une personnalité qui prend position contre un parti. Ils sont 38 % à le faire si la personnalité est payée par un parti. Le public pardonne bien plus facilement une conviction qu'un chèque.

## Et maintenant ?

🤘 **Prendre position à plusieurs plutôt que seul.** La tribune des 200 streamers en 2024 et le cordon belge disent la même chose : une position collective coûte moins cher à chacun. Des collectifs de créateurs, des agences, des réseaux de vidéastes pourraient s'engager ensemble sur quelques principes minimaux, à la manière d'une charte de rédaction. Limite : un texte collectif peut aussi servir de liste de cibles, et la chronique quotidienne annoncée par Praud montre que certains médias sont prêts à la tenir à jour.

💪 **Écrire sa ligne éditoriale, même quand on fait des vidéos de cuisine.** HugoDécrypte revendique une ligne. N'importe quel créateur peut publier la sienne : ce qu'il défend, ce qu'il refuse, avec qui il ne travaille pas. La neutralité affichée devient alors un choix assumé, et non un réflexe commercial. Limite : une ligne publique engage, et certaines marques s'en serviront pour trier.

🙌 **Payer ceux qu'on veut entendre libres.** Tant que le revenu d'un créateur dépend des marques, son silence a un prix de marché. Un abonnement direct ou un soutien récurrent déplace un peu la dépendance des annonceurs vers le public. Limite : selon le Reuters Institute, peu de créateurs d'information en vivent vraiment. Le modèle tient pour les gros, beaucoup moins pour les autres.

## Montrez de quel bois vous vous chauffez

Entre 2005 et 2015, j'ai écrit plusieurs fois que les journalistes devaient assumer leur point de vue, et que l'objectivité pure était un leurre. On me répondait que c'était dangereux, que le lecteur avait droit à des faits sans opinion. Le lecteur a droit aux faits. Il a aussi droit de savoir d'où parle celui qui les choisit.

Les créateurs de contenu n'ont même pas cette excuse-là. Aucune charte ne leur impose la neutralité, aucune loi ne la leur réclame. Leur silence n'est pas une règle du métier. C'est une ligne de leur modèle économique.

Ils ont le droit de la garder. Mais qu'ils ne l'appellent pas neutralité. Deschamps l'a dit mieux que moi : le reproche est là, qu'ils parlent ou non.

Alors autant qu'il porte sur ce qu'ils pensent vraiment, non ?

Rapport de fabrication (qui a décidé quoi, ce qui a été vérifié)

Programmé pour le 5 novembre 2026 à 8 h 30\. Signé et assumé par Damien Van Achter. Rédaction par Claude (Anthropic) dans Claude Code, sous le cadre éditorial FLTR.

**En une phrase.** L'intuition, la thèse et la chute viennent de l'auteur : le silence des créateurs est une position, et chacun gagnerait à assumer sa subjectivité. La machine a reformulé l'angle pour passer du verdict moral au mécanisme, mené les recherches par agents parallèles, dressé le tableau des affirmations puis rédigé la prose. L'auteur a choisi l'angle et le titre, élargi le sujet aux artistes, aux sportifs et à la Belgique, puis recentré l'article sur les créateurs de contenu.

Parcours

- 16:08**auteur**Ouverture de la session : « *j'ai une intuition à creuser* ».
- 16:17**auteur**L'intuition et la thèse : « *quand on décide de parler d'un sujet, et même quand on décide de ne pas parler d'un sujet, on doit accepter qu'on va avoir un impact sur la suite de celui-ci* ».
- **machine**Trois affirmations de l'auteur classées comme hypothèses à vérifier (les refus « pas mon job », les attaques des médias de droite, la peur des sponsors). Proposition de passer du verdict moral (« couards ») au mécanisme, avec une entrée belge. Trois recherches lancées en parallèle : cordon sanitaire belge, cas français, cadre réglementaire.
- 16:20**auteur**Choix de l'angle : « *Oui, cet angle* ».
- **machine**Tableau de 44 affirmations avec source et statut. Constat signalé à l'auteur : aucune déclaration « ce n'est pas mon rôle » trouvée chez un créateur, et le fait le plus documenté va dans l'autre sens (tribune de plus de 200 streamers en juin 2024).
- 16:34**auteur**Proposition de titre : « *Pourquoi les créateurs de contenus ne prennent-ils pas plus position politiquement ?* ».
- **machine**Titre déconseillé : sa prémisse n'était pas établie et il promettait une réponse causale que les sources ne donnaient pas. Quatre titres affirmatifs proposés.
- 16:39**auteur**Choix du titre, du format et élargissement : « *fais des recherches approfondies pour élargir aux artistes (Paul Mirabel, Philippe Catherine) aux sportifs (Mbappé, Teddy Riner), parle de la Belgique* ».
- **machine**Trois nouvelles recherches parallèles. Résultats contraires aux exemples de départ : Paul Mirabel a pris position, aucun fait pertinent sur Philippe Katerine, écarté. Le plan qui en sort met les artistes et les sportifs au premier plan. Erreur de la machine : les créateurs de contenu, sujet de départ, y passent au second plan.
- 17:19**auteur**Recentrage : il demande où sont passés les producteurs de contenus
- **machine**Plan refait autour des créateurs, sportifs et artistes servant de comparaison : chacun a sa contrainte, le créateur aucune, sauf le marché.
- 17:21**auteur**Commande de la rédaction : « *Oui, rédige* ».
- **machine**Rédaction en voix de l'auteur, contrôle des mots et tics interdits, sept empilements de figures réécrits à plat. Recherche dans les anciens billets de l'auteur sur l'objectivité : échec technique, la date de ces billets n'est pas vérifiée.
- 17:41**auteur**Envoi vers Ghost : « *Pousse dans Ghost* ».
- 17:47**auteur**Commande de l'image : « *fais l'image d'illustration* ».
- **machine**Affiche au gabarit du site, sur fond marine uni.
- 17:56**auteur**Demande d'un fond : « *il faut une image de fond, avec un signe silence* ».
- **machine**Fond dessiné en formes géométriques, sans générateur d'images : une bulle de parole bâillonnée par deux bandes d'adhésif. Premier essai jeté, un index levé qui se lisait comme un geste obscène.
- 18:07**auteur**Titre définitif : « *Créateurs de contenus, artistes et sportifs : se taire, c'est aussi prendre position* ».
- 18:08**auteur**Couleurs de l'affiche : « *varie les couleurs dans l'affiche* ».
- 18:14**auteur**Programmation de l'article : « *post programmé* ».
- **machine**Contrôle de l'article programmé : la carte du courriel et la carte de présentation de l'auteur manquaient. Posées avant l'envoi. Posts LinkedIn, Mastodon et Bluesky rédigés et soumis à l'auteur.
- 18:29**auteur**Validation des posts sociaux : « *Oui, programme* ».

Heures de l'auteur tirées du transcript de la session ; étapes de la machine sans heure quand aucune trace ne les date. Citations de l'auteur : ses mots, orthographe corrigée ; le texte tel qu'écrit s'affiche au survol.

Vérification

- Règlement européen 2024/900 relu dans EUR-Lex : l'article 1er exclut les opinions politiques exprimées à titre personnel, le considérant 30 fait de la rémunération par un tiers le critère.
- Règlement électoral du CSA relu dans l'avis 03/2023 : l'article 14 et le point 35 sur les vlogueurs.
- Décision du Conseil d'État du 29 juin 2023 relue : neutralité du service public pour les joueurs sélectionnés en équipe de France.
- Dispositif électoral 2024 de la RTBF, décision du régulateur flamand sur Baloji, note de politique de la ministre Gennez et étude de l'Arteveldehogeschool relus dans leurs documents d'origine.
- Citations de Deschamps, Praud, Mirabel, Cohen, Griezmann et Marchand vérifiées dans des articles de presse qui les rapportent, pas encore sur les vidéos d'origine.
- Pour la France, aucun contrat de créateur rompu ni aucune clause écrite trouvée : l'article le dit.

Choix et limites

- Écartés : Philippe Katerine, les déprogrammations par des mairies RN, Sylvie Vartan (source trop faible), les insultes visant Léon Marchand (non recoupées), l'affaire Léna Situations et Caroline Yadan (contexte différent, source unique).
- Le boycott supposé de Zaho de Sagazan est présenté comme contesté, avec les deux versions.
- Le harcèlement de Tibo InShape est attribué au média qui le rapporte, la causalité n'étant pas établie.
- Les mots « couards » et « pions » de l'intuition de départ ne figurent pas dans le texte.
- Image de une : dessin géométrique fait par la machine, sans visage, conformément à la charte image.

Cadre

[Charte éditoriale](https://da.van.ac/pourquoi-et-comment-jai-code-ma-ligne-editoriale/), [grille d'analyse](https://da.van.ac/note-methodologique-5-piliers/), règles de vérification et interdits de style écrits par l'auteur et appliqués à chaque session.

Pièces

Tableau des affirmations, rapports des recherches, brouillon, transcript horodaté de la session, dépôt versionné. Aucun horodatage par un tiers : ces pièces sont crédibles, pas opposables.

À votre jugement

Ce rapport montre qui a décidé quoi, pas si ces décisions étaient bonnes. Le silence des créateurs s'explique-t-il par la peur des marques, alors qu'aucun contrat rompu n'est documenté en France ? La comparaison avec le cordon sanitaire belge tient-elle, alors qu'il ne vise que les médias et les périodes électorales ?

Rapport établi le 2 novembre 2026.

à propos 

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Je m'appelle [Damien Van Achter](https://da.van.ac/damien-van-achter/), Je suis journaliste, prof et consultant. Je coordonne les programmes d'innovation et le lab entrepreneurial de l'[IHECS](https://ihecs.be/?ref=da.van.ac), à Bruxelles. [Depuis 2005](https://da.van.ac/go/), j'analyse comment fonctionnent nos systèmes informationnels et les enjeux démocratiques qu'ils engendrent. 

Au cours du temps, j'ai développé des outils d'analyse qui repèrent les pièges tendus par les entreprises de la tech et certains états, et j'explore des pistes pour en sortir, de manière constructive et avec discernement.  
  
[J'explique ici](https://da.van.ac/note-methodologique-5-piliers/) ma démarche, inspirée notamment des travaux de l'historien Timothy Snyder, comment ces analyses sont produites techniquement et humainement, ainsi que leurs limites.

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