Centres de données orbitaux : la souveraineté numérique s'envole

Sept entreprises américaines et chinoises veulent construire des centres de données dans l'espace. Pour les pays du Sud, cela signifierait perdre tout contrôle sur leurs données critiques.

26 févr. 2026
Centres de données orbitaux : la souveraineté numérique s'envole
Data centers are racing to space — and regulation can’t keep up
Experts warn the move could shift critical infrastructure beyond national laws — deepening digital dependence for much of the developing world.

Musk, Bezos et les géants chinois préparent la ruée vers l'espace des centres de données IA. L'argument ? L'énergie solaire constante et le refroidissement naturel du vide spatial rendraient l'entraînement d'IA moins cher qu'au sol. Derrière cette promesse technologique se cache un bouleversement géopolitique majeur. Pour les pays africains déjà confrontés aux coupures d'électricité, ou l'Inde où les centres de données épuisent les nappes phréatiques, l'attrait est évident.

"Si vous n'avez pas d'équité de lancement, vous ne faites que louer l'intelligence. Nous croyons que l'infrastructure orbitale pourrait être le moment de 'saut technologique' similaire à la façon dont les téléphones mobiles ont contourné les lignes fixes, mais seulement si nous traitons le calcul orbital comme un Bien Public Global, comme le GPS."

— Olubayo Adekanmbi, Fondateur et PDG, EqualyzAI

Le piège aussi : placer l'infrastructure critique hors de portée réglementaire. Comme l'observe Olubayo Adekanmbi d'EqualyzAI, 'si vous n'avez pas d'équité de lancement, vous ne faites que louer l'intelligence.' L'orbite devient le nouveau terrain de jeu des monopoles terrestres, avec un risque de transformer définitivement les pays émergents en simples producteurs de données sans aucun contrôle sur leur traitement.

Points de vigilance

Risque de créer une dépendance technologique irréversible pour les pays sans capacité spatiale, aggravant la fracture numérique mondiale sous couvert de solution environnementale.

Et maintenant ?

  • 🤘 Construire une gouvernance orbitale inclusive avant le déploiement massif

Coalition pays émergents + ONG tech + chercheurs en droit spatial pour créer un cadre multilatéral de gouvernance des centres de données orbitaux. Définir des règles contraignantes sur la propriété des données, la juridiction applicable et les quotas d'accès équitable avant que l'infrastructure ne soit déployée.

→ On saura que ça marche quand un traité international sur la gouvernance des infrastructures orbitales sera signé par au moins 20 pays incluant des puissances spatiales et émergentes.

  • 🤘 Créer des consortiums Sud-Sud pour l'infrastructure spatiale partagée

Alliance entre pays africains, latino-américains et asiatiques pour mutualiser les investissements dans des capacités de lancement et co-propriété d'infrastructures orbitales. Modèle coopératif inspiré d'Airbus ou de l'Agence spatiale européenne, mais centré sur les besoins du Sud global.

→ On saura que ça marche quand le premier satellite de calcul co-détenu par un consortium Sud-Sud sera mis en orbite avec des accords contraignants de partage des bénéfices.

  • 💪 Exiger la transparence sur la localisation orbitale de ses données

Demander systématiquement aux fournisseurs cloud leurs politiques de traitement orbital et les garanties juridictionnelles. Privilégier les services qui s'engagent contractuellement à maintenir le traitement terrestre ou à respecter des accords de gouvernance multilatérale pour l'orbital.

→ On saura que ça marche quand les contrats cloud incluront systématiquement des clauses de localisation orbitale et de juridiction applicable pour le traitement spatial des données.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !