
Cette enquête de WIRED révèle comment les États-Unis ont transformé leur politique d'immigration en machine de surveillance biométrique de masse. L'application Mobile Fortify, déployée depuis mai 2025, a déjà été utilisée plus de 100 000 fois par les agents fédéraux — et scanne indistinctement citoyens américains et étrangers dans les rues, loin des frontières. Ce qui frappe, c'est la systématisation du processus : les agents photographient d'abord pour la reconnaissance faciale, puis seulement après prennent les empreintes digitales (pourtant plus fiables) au bureau.
"Chaque fabricant de cette technologie, chaque département de police avec une politique précise très clairement que la technologie de reconnaissance faciale n'est pas capable de fournir une identification positive, qu'elle fait des erreurs, et qu'elle ne sert qu'à générer des pistes [traduit de l'anglais]"
— Nathan Wessler, Directeur adjoint, ACLU Speech Privacy and Technology Project
Cette séquence privilégie la rapidité de collecte sur l'identification positive. L'application génère des 'candidats possibles' plutôt que des confirmations — un agent témoigne avoir obtenu deux identités différentes pour la même personne menottée qu'il a physiquement repositionnée pour la photo. Les données collectées alimentent des bases qui conservent les informations 15 à 75 ans, et une 'liste de surveillance' mystérieuse appelée Fortify the Border Hotlist. Le déploiement a été accéléré après le démantèlement des protections vie privée trois semaines après l'investiture Trump.
Cette architecture transforme chaque interaction avec les forces fédérales en occasion de capture biométrique, créant un précédent pour la surveillance généralisée.
Points de vigilance
Risque de normalisation de la surveillance biométrique lors d'interactions routinières. L'argument sécuritaire peut masquer la création d'une infrastructure de surveillance utilisable à d'autres fins.
Et maintenant ?
- 🤘 Organiser un front juridique États-fédérés contre la surveillance fédérale
Coordonner les procès de l'Illinois et Chicago avec d'autres États pour créer un précédent constitutionnel. Alliance procureurs généraux + villes sanctuaires + ACLU pour contester l'usage de Mobile Fortify hors des compétences fédérales d'immigration. Effet de levier : fragiliser le financement fédéral si les tribunaux reconnaissent l'illégalité des pratiques.
→ On saura que ça marche quand DHS devra suspendre Mobile Fortify dans plusieurs États simultanément suite à des injonctions judiciaires.
- 💪 Documenter systématiquement les interactions avec agents fédéraux
Enregistrer vidéo des interactions, noter numéros de badge, demander explicitement si reconnaissance faciale est utilisée. Transmettre à ACLU ou EFF pour constituer jurisprudence. Effet multiplicateur : chaque documentation renforce les recours collectifs et crée une archive de preuves.
→ On saura que ça marche quand les agents éviteront d'utiliser Mobile Fortify par crainte des conséquences judiciaires documentées.
- ✊ Cibler les fournisseurs technologiques et leurs investisseurs institutionnels
Campagne de désinvestissement visant NEC Corporation et autres fournisseurs de surveillance biométrique. Pression sur fonds de pension, universités, fondations détenant des parts. Révéler publiquement les contrats et bénéficiaires. Retirer le consentement économique à l'infrastructure de surveillance.
→ On saura que ça marche quand les entreprises tech commenceront à refuser les contrats de surveillance gouvernementale par crainte du risque réputationnel.
9/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

