
Quand Mercedes, Nissan et Stellantis — trois mastodontes qui se battent habituellement sur tous les marchés — décident d'investir ensemble 1,5 milliard de dollars dans la même startup londonienne, c'est que l'enjeu dépasse la simple concurrence. Cette coalition inédite autour de Wayve révèle une prise de conscience : l'industrie automobile traditionnelle risque de devenir un simple assembleur de composants si elle laisse Tesla et les géants de la Silicon Valley contrôler les cerveaux de ses véhicules.
L'approche 'End-to-End' de Wayve, qui permet aux voitures d'apprendre à conduire par observation sans dépendre de cartes haute définition coûteuses, offre une alternative technologique crédible. Mais surtout, elle permet aux constructeurs européens de garder la main sur une technologie critique plutôt que de devenir des vassaux technologiques. Ce qui se joue ici dépasse la guerre des robotaxis : c'est la bataille pour savoir qui contrôlera l'infrastructure de mobilité de demain.
Points de vigilance
Risque que cette coalition reste superficielle si les partenaires ne partagent pas réellement la technologie au-delà de l'investissement financier.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer des consortiums industriels européens pour les technologies critiques
Répliquer le modèle Wayve dans d'autres secteurs stratégiques : puces, cloud, batteries. Les constructeurs prouvent qu'on peut mutualiser les investissements R&D face aux géants tech tout en gardant la concurrence sur les produits finaux.
→ On saura que ça marche quand au moins 3 consortiums similaires émergeront dans des secteurs différents avec des investissements combinés supérieurs à 5 milliards d'euros
- 🤘 Transformer la dépendance technologique en souveraineté partagée par secteur
Identifier les 'Wayve' potentielles dans chaque secteur critique : fintech européennes face aux GAFAM, AgTech face à John Deere, HealthTech face aux plateformes américaines. Organiser des co-investissements sectoriels.
→ On saura que ça marche quand les entreprises européennes cesseront de racheter des solutions américaines et commenceront à co-développer des alternatives communes
- 💪 Auditer la dépendance technologique de son secteur d'activité
Cartographier les technologies critiques de son entreprise : qui fournit les algorithmes, les données, l'infrastructure ? Identifier les alternatives européennes émergentes et les soutenir avant qu'il soit trop tard.
→ On saura que ça marche quand les appels d'offres intègreront systématiquement des critères de souveraineté technologique
7/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !


