
Cette riposte européenne révèle un basculement géopolitique majeur. Après des décennies de dépendance assumée aux États-Unis pour la sécurité (OTAN) et la technologie (Google, Meta, Microsoft), l'Europe active ses propres mécanismes de souveraineté. La France bannit Google Meet et Teams pour ses fonctionnaires au profit de Visio (hébergé par Outscale). L'Allemagne questionne ses réserves d'or à New York et cherche des alternatives à Palantir.
"Si nous voulons être pris au sérieux à nouveau, nous devrons apprendre le langage de la géopolitique de la force"
— Friedrich Merz, Chancelier allemand
Aux Pays-Bas, 140 000 citoyens signent une pétition contre l'acquisition d'un outil d'identité numérique par une entreprise américaine. Ce qui frappe, c'est la synchronisation : tous les secteurs basculent simultanément - technologie, défense, énergie, paiements. L'UE diversifie ses approvisionnements gaziers vers le Qatar et l'Algérie, prépare l'euro numérique pour 2029, et impose des quotas 'Buy European' (maximum 35% de composants extra-UE dans les achats de défense).
"Il est très clair que l'Europe vit son moment d'indépendance. Pendant la dernière année, tout le monde a vraiment réalisé à quel point il est important que nous ne dépendions pas d'un seul pays ou d'une seule entreprise pour certaines technologies très critiques"
— Henna Virkkunen, Responsable technologie de l'UE
L'enjeu dépasse la simple 'désrisquisation' : il s'agit de créer un écosystème technologique et militaire européen autonome, capable de négocier d'égal à égal avec Washington.
Points de vigilance
Risque de protectionnisme déguisé en souveraineté numérique. La fragmentation des standards européens pourrait affaiblir l'interopérabilité globale. Attention aux coûts cachés du 'Buy European' qui pourraient pénaliser l'innovation et la compétitivité.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer une alliance des fournisseurs européens alternatifs aux GAFAM
Fédérer Outscale (France), Nextcloud (Allemagne), ProtonMail (Suisse) et autres champions européens du numérique souverain pour proposer des solutions packagées aux administrations publiques. L'effet de réseau amplifie l'adoption par les entreprises privées.
→ On saura que ça marche quand les contrats publics européens incluront des clauses de préférence pour les solutions hébergées sur le territoire européen par des entreprises européennes.
- 🤘 Dupliquer le modèle 'Buy European' dans d'autres secteurs stratégiques
Étendre les quotas minimums européens de la défense (65% de composants UE) aux secteurs santé, éducation, transport. Créer une certification 'Souveraineté Européenne' reconnaissable qui oriente les choix publics et privés vers l'écosystème européen.
→ On saura que ça marche quand les appels d'offres publics européens intégreront systématiquement des critères de souveraineté technologique avec des seuils contraignants.
- 💪 Migrer ses données vers l'écosystème numérique européen
Choisir systématiquement les alternatives européennes disponibles : Qwant au lieu de Google, ProtonMail au lieu de Gmail, Nextcloud au lieu de Dropbox. Chaque migration individuelle renforce l'écosystème alternatif et démontre la viabilité des solutions souveraines.
→ On saura que ça marche quand les services numériques européens atteindront une masse critique d'utilisateurs suffisante pour attirer des investissements et des talents à la hauteur de leurs concurrents américains.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !


