Makers et hackerspaces transforment la résistance en infrastructure

Partout aux États-Unis, des hackerspaces coordonnent la production d'outils de résistance : sifflets imprimés en 3D, réseaux mesh Meshtastic, banques solaires.

19 févr. 2026
Makers et hackerspaces transforment la résistance en infrastructure
Makers Are Building Back Against ICE
In hacker spaces and at their homes, creative protesters are laser-cutting and 3D-printing tools to resist an occupation.

Cette mobilisation révèle une mutation profonde : la résistance devient infrastructure décentralisée. Depuis l'opération Metro Surge du gouvernement Trump qui a fait deux morts à Minneapolis, hackerspaces et makers transforment leurs ateliers en centres de production collective d'outils de résistance. On y imprime des milliers de sifflets d'alerte, des tourniquets d'urgence, des supports de caméras pour filmer les agents. Plus stratégique encore : le déploiement de réseaux mesh Meshtastic qui permettent de communiquer sans internet ni téléphonie classique.

"Pour être efficace dans l'activisme, on n'a pas besoin d'être énervé, stressé et d'avoir une réaction d'adrénaline pour se soucier des autres. La gentillesse peut exister même au milieu de tout cela. Et on peut quand même être efficace."

— Claire Danielle Cassidy, Artiste et activiste, Portland

Claire Cassidy à Portland incarne cette approche : ses banques solaires rechargent les appareils des manifestants, ses boucles d'oreilles laser gravées affichent "FUCK ICE", ses ateliers "There U Glow" enseignent l'électronique par le détournement ludique. Cette résistance technique dessine un écosystème résilient où chaque hackerspace devient un nœud d'autonomie collective face à la répression d'État.

Points de vigilance

Risque de récupération par la surveillance d'État des réseaux mesh si la sécurité reste imparfaite. Dépendance aux compétences techniques qui pourrait exclure certaines communautés.

Et maintenant ?

  • 🤘 Fédérer hackerspaces européens pour mutualiser outils de résistance numérique

Créer un réseau européen de hackerspaces partageant blueprints, formations techniques et méthodes de coordination face aux dérives autoritaires. Chaque hackerspace devient un nœud d'autonomie locale capable de produire rapidement outils de communication décentralisée et dispositifs de protection. La mutualisation des savoirs accélère la montée en compétence collective.

→ On saura que ça marche quand au moins 50 hackerspaces européens partageront une bibliothèque commune de designs open source et de protocoles de sécurité opérationnelle.

  • 💪 Apprendre l'électronique par des projets à double usage (loisir + résistance)

Suivre des ateliers de modification LED, construction de banques solaires ou assemblage de routeurs mesh. Ces compétences apparemment ludiques deviennent stratégiques en cas de crise : alimentation autonome, communication hors-grille, éclairage de secours. L'apprentissage par le détournement créatif démocratise les savoirs techniques critiques.

→ On saura que ça marche quand les ateliers makers grand public incluront systématiquement les usages d'urgence et d'autonomie dans leurs formations de base.

  • ✊ Organiser des fix-it clinics anti-répression dans les lieux culturels

Transformer bibliothèques, centres sociaux et tiers-lieux en points de réparation pour matériel cassé lors de manifestations ou perquisitions. Ces cliniques développent une expertise collective sur la sécurisation des appareils, la récupération de données et la résilience matérielle face à la répression. Elles créent des liens entre communautés techniques et militantes.

→ On saura que ça marche quand les forces de l'ordre devront tenir compte de la capacité technique des mouvements sociaux dans leurs stratégies de répression.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !