
Cette directive révèle une mutation systémique inquiétante : l'administration de la Sécurité sociale (SSA) partage désormais avec ICE les détails des rendez-vous physiques de ses usagers. Concrètement, quand quelqu'un vient renouveler ses prestations ou accompagne un proche citoyen, ICE peut désormais connaître sa présence à l'avance. Cette transformation d'un service public en auxiliaire de répression illustre un basculement de paradigme : les institutions censées protéger deviennent des outils de surveillance.
"Si ICE vient demander si quelqu'un a un rendez-vous à venir, nous lui communiquons la date et l'heure [traduit de l'anglais]"
— Employé SSA, Agent de l'administration de la Sécurité sociale
L'ancien commissaire Leland Dudek l'exprime sans détour : "Vous voyez la SSA devenir une extension de la Sécurité intérieure". Ce qui se joue ici dépasse la simple coopération administrative. C'est la redéfinition même de l'État social : passer d'un espace de protection universelle à un dispositif de tri et de contrôle.
Points de vigilance
Risque de normalisation de cette dérive par d'autres administrations publiques. La directive verbale évite les traces écrites et la contestation juridique formelle.
Et maintenant ?
- 🤘 Organiser des sanctuaires administratifs par coalitions locales multipartites
Coalitions élus locaux + syndicats fonctionnaires + associations juridiques pour créer des politiques de non-coopération au niveau des comtés et États. Exploiter le fédéralisme américain comme bouclier : les administrations locales peuvent refuser de transmettre des données sans ordre judiciaire spécifique.
→ On saura que ça marche quand plusieurs États adopteront des lois de sanctuaire numérique interdisant le partage de données administratives sans mandat.
- 💪 Documenter et signaler les refus de service par peur de surveillance
Créer un système de remontée d'informations où les personnes concernées documentent les cas où elles renoncent à des droits par peur d'être repérées. Ces données alimentent les recours juridiques et montrent l'impact concret de la surveillance sur l'accès aux droits sociaux.
→ On saura que ça marche quand ces données seront utilisées devant les tribunaux pour démontrer l'effet dissuasif inconstitutionnel.
- ✊ Cibler les prestataires informatiques de l'administration via leurs employés
Identifier les entreprises tech qui développent les systèmes de partage de données (Palantir, IBM, Microsoft) et organiser des actions de non-coopération ciblées de leurs employés. Exploiter les tensions internes sur l'éthique pour fragiliser les contrats publics sensibles.
→ On saura que ça marche quand des entreprises tech commenceront à refuser des contrats gouvernementaux par pression interne documentée.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

