
Cette capitulation de dernière minute révèle l'inquiétude croissante des plateformes face aux procès sur l'addiction algorithmique. Snap règle son différend quelques jours avant un procès où Mark Zuckerberg devait témoigner personnellement, abandonnant ses co-défendeurs Meta, TikTok et YouTube. Le timing est éloquent : éviter le risque d'un précédent judiciaire défavorable vaut visiblement mieux qu'une victoire incertaine au tribunal.
Ces affaires attaquent frontalement la Section 230, bouclier juridique historique des plateformes, en arguant que leurs choix de design algorithmique créent délibérément l'addiction. Ce qui se joue ici dépasse le cas individuel d'une jeune femme de 19 ans : c'est la responsabilité des plateformes dans leurs mécanismes de captation de l'attention qui entre dans l'arène judiciaire.
Points de vigilance : Risque que les règlements amiables évitent la création de précédents juridiques contraignants. La Section 230 reste protectrice tant qu'aucune jurisprudence claire n'émerge.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Organiser une classe d'action européenne coordonnée contre l'addiction algorithmique
Mobiliser associations de parents, défenseurs des droits numériques et régulateurs européens pour lancer des procédures parallèles utilisant le DSA et la protection des mineurs. Éviter la fragmentation des actions individuelles qui permettent aux plateformes de négocier séparément.
→ On saura que ça marche quand les plateformes ne pourront plus jouer les juridictions les unes contre les autres et devront affronter des standards uniformes.
🤘 Transformer les règlements secrets en transparence algorithmique obligatoire
Exiger que tout règlement amiable soit conditionné à la publication des algorithmes de recommandation et des métriques d'engagement. Utiliser la pression médiatique et réglementaire pour empêcher les accords opaques qui protègent les pratiques addictives.
→ On saura que ça marche quand les plateformes préféreront révéler leurs algorithmes plutôt que payer des millions en secret.
💪 Documenter ses propres patterns d'usage pour alimenter les class actions
Utiliser les outils d'export de données personnelles (RGPD) pour constituer des preuves individuelles d'addiction : temps passé, notifications reçues, contenus recommandés. Créer une base de données collective anonymisée pour les avocats spécialisés.
→ On saura que ça marche quand les plateformes limiteront l'accès aux données d'usage pour éviter qu'elles servent de preuves judiciaires.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

