Direction Couvin cette semaine, à la Résidence des Tisserands, à Saint-Roch, où Olivier Gaillard nous réunit pour deux jours de résidence. J'avais eu la chance de monter les IADays avec sa team l'an dernier, à Louvain-la-Neuve. Cette fois nous sommes une dizaine à nous poser au calme pour réfléchir à la suite.
L'IHECS, les étudiants et ce qui vient
À l'IHECS, quelque chose se prépare. Le nouveau campus va se situer dans l'environnement immédiat de la RTBF, de RTL, d'une série d'agences. Je prends en charge le volet innovation et entrepreneuriat.
Avec Véronique Salvi et la direction, on s'aligne sur un enjeu qui concerne directement les étudiants : comment gagner sa vie et créer de la richesse dans un monde où les médias et les agences suppriment des postes et où l'automatisation redéfinit les métiers ? Pas seulement les cols blancs — ce sont des mutations systémiques.
Si je pousse mes étudiants à monter des projets, à se lancer pendant qu'ils sont encore aux études, il faut que je le fasse aussi. C'est quoi, entreprendre en 2026 ? Pas la startup qui lève des tours de table pour une hypercroissance mortifère. Du pognon, il en faut pour vivre, pour grandir, pour prendre soin. C'est ça qui m'intéresse.
Ces quinze derniers jours, on a travaillé avec les étudiants en journalisme sur le marketing éditorial. Parce qu'en journalisme, on ne vend pas du savon ni des armes — mais on vend quelque chose. Comprendre quoi, à qui et pourquoi, c'est la base.
S'accorder sur les faits d'abord
Est-ce qu'on est d'accord de parler de la même chose ? Les mêmes chiffres, les mêmes faits, pour décrire une même réalité. Si on ne parle pas de la même chose, aucun commentaire n'a de sens. Aucune analyse. On peut avoir des avis divergents, des visions différentes du vivre-ensemble — mais pas avant de s'être accordé sur les faits.
J'ai eu l'occasion d'en discuter sur le plateau de BX1 : produire plus n'a aucun sens si on ne produit pas mieux. La fenêtre est là. Et elle ne restera pas ouverte indéfiniment.
Ne pas jouer le jeu
Le seul moyen de ne pas perdre, c'est de ne pas jouer. La compétition pour écraser l'autre ne m'intéresse pas. La vraie négociation, c'est quand tout le monde fait des pas l'un vers l'autre — pas quand l'un essaie de baiser l'autre.
C'est politique — au sens de la vie de la cité. Pas au sens de la question "pour qui tu roules". La seule entité pour laquelle je roule, c'est ma gueule. Mais je ne peux rien tout seul. On roule accompagné. C'est quand même vachement mieux de prendre la route à plusieurs.
Construire, pas juste constater
Chaque article est construit de cette façon : poser un constat, travailler des faits, mais ne pas en rester là. Amener des pistes de réflexion. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? C'est quoi les pistes d'action constructives ? Si on s'arrête au constat, on ne va nulle part.
C'est un truc que beaucoup de lecteurs m'ont renvoyé — ce côté constructif leur parle. Le 21 avril, je donnerai une conférence pour des communicants sur ces sujets — merci Stéphane pour l'invitation.
La semaine prochaine je serai à Genève, à la RTS, pour le recrutement de leurs nouveaux journalistes. Un beau projet pour une belle maison, qui a passé un cap important dimanche dernier avec le refus d'une majorité de Suisses d'une votation qui envisageait de réduire son financement.
Ma liberté n'existe que parce que les autres sont libres. Exprimer sa liberté, c'est donner aux autres la possibilité d'exprimer la même. Et surtout, donner envie de construire quelque chose ensemble. Les ermites ne sont libres que dans leur tête.