11 000 épisodes par jour : l'industrialisation du pillage journalistique

The Daily News Now génère 11 000 podcasts quotidiens en recopiant mot pour mot des articles de presse locale, 17 minutes après leur publication.

28 févr. 2026
11 000 épisodes par jour : l'industrialisation du pillage journalistique
This AI-generated podcast network publishes 11,000 episodes a day. It also ripped off media outlets
Daily News Now tops search results for local news podcasts with AI content

Voilà le nouveau visage de l'extractivisme numérique : The Daily News Now produit 11 000 épisodes de podcast par jour en recopiant systématiquement des articles de presse. L'enquête d'Indicator révèle un mécanisme d'une efficacité glaçante : 17 minutes après qu'un journal étudiant publie un article sur une athlète, un podcast IA reprend les mêmes faits, dans le même ordre, avec les mêmes phrases. Plus de 350 000 épisodes générés depuis janvier, ciblant 433 villes différentes, aspirant le contenu de Fox, NBC, TechCrunch ou Toronto Star.

"Au début j'ai pensé : 'Wahou ! Il y a un podcast dédié aux news de ma ville !' Je pensais que c'était le produit d'un entrepreneur local. Mais quand j'ai écouté et vu cet étrange mélange d'histoires, c'était clair que c'était fait par IA."

— Bill Adair, Professeur de journalisme, Duke University

Le créateur Corey Cambridge revendique « des résumés audio de reportages publiquement disponibles », mais l'analyse montre une reproduction quasi-intégrale, pas un résumé. Ce qui se joue ici dépasse le simple plagiat : c'est l'industrialisation du parasitisme éditorial. Quand une machine peut copier plus vite que les humains ne produisent, elle transforme chaque article en matière première gratuite pour sa propre monétisation.

Ce modèle révèle une asymétrie de pouvoir fondamentale : les médias locaux financent la production, DNN capture l'audience audio sans investir dans le journalisme. Un précédent dangereux qui pourrait vider l'écosystème informationnel de sa substance économique.

Points de vigilance

Risque de normalisation du parasitisme éditorial si aucune régulation n'émerge. Distinction nécessaire entre résumé légitime et reproduction intégrale.

Et maintenant ?

  • 🤘 Créer une certification technique anti-scraping pour les médias locaux

Alliance éditeurs locaux + développeurs pour déployer des solutions techniques (watermarking, APIs protégées, détection automatisée) rendant le scraping détectable et juridiquement poursuivable. Mutualiser les coûts techniques que les petits médias ne peuvent assumer seuls.

→ On saura que ça marche quand les plateformes de podcast commenceront à retirer automatiquement les contenus signalés par ces outils de certification.

  • 🤘 Organiser un boycott coordonné des annonceurs ciblant les réseaux parasites

Coalition médias + associations publicitaires pour identifier les marques qui financent les réseaux de podcasts IA parasites et organiser un retrait coordonné. Créer une liste noire partagée des réseaux qui pillent le contenu journalistique.

→ On saura que ça marche quand les revenus publicitaires de ces réseaux parasites s'effondreront et que les plateformes audio intégreront des filtres anti-plagiat.

  • 💪 Auditer les sources de ses podcasts d'actualité préférés

Vérifier systématiquement si les podcasts d'info locale qu'on écoute citent leurs sources journalistiques ou s'ils se contentent de les plagier. Privilégier les formats qui rémunèrent effectivement les journalistes plutôt que de les parasiter.

→ On saura que ça marche quand la transparence des sources deviendra un critère de différenciation concurrentielle pour les podcasts d'actualité.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !