
Le marché américain de la surveillance policière pèse 11,7 milliards de dollars en 2025, et les "COWs" (Camera On Wheels) en sont le nouveau fer de lance. Ces tours mobiles équipées de panneaux solaires, batteries et caméras télescopiques se déploient massivement : ECAM revendique déjà 150 000 caméras dans son réseau. Le modèle économique révèle une privatisation rampante : des entreprises comme Flock Safety vendent, Allied Universal loue, et tout se connecte automatiquement aux flux policiers via WiFi ou 4G.
"Notre première ligne de défense, c'est la dissuasion. Nous arrêtons les crimes avant qu'ils ne commencent. Cette présence seule réduit les risques, et quand l'activité s'intensifie, notre équipe peut envoyer directement des agents vers nos partenaires de sécurité locaux ainsi que vers les forces de l'ordre."
— Nile Coates, Vice-président des ventes US, ECAM
L'IA de reconnaissance faciale s'invite ainsi dans n'importe quel lieu public ou commercial, sans débat démocratique. Ce qui frappe, c'est la logique industrielle : "Le marché a parlé", résume Logan Harris de Spotter Global. Ces "épouvantails" matérialisent la fusion entre surveillance d'État et capitalisme de la sécurité, transformant chaque espace en zone de contrôle potentiel.
Points de vigilance
Risque de normalisation progressive de la surveillance ubiquitaire. Le discours de "dissuasion" masque une logique de contrôle social préventif qui érode l'anonymat dans l'espace public.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer des observatoires citoyens de la surveillance urbaine avec cartographie ouverte
Alliance associations de quartier + hacktivistes + journalistes pour documenter et cartographier en temps réel le déploiement des COWs. Utiliser OpenStreetMap et des apps mobiles pour créer une contre-surveillance citoyenne qui rend visible l'invisible et alimente le débat public sur l'acceptabilité sociale.
→ On saura que ça marche quand les conseils municipaux devront justifier publiquement chaque nouveau déploiement de surveillance mobile face à des données citoyennes précises.
- 🤘 Organiser des coalitions d'élus locaux pour la transparence des contrats de surveillance
Mobiliser maires et conseillers municipaux pour exiger la publication systématique des contrats avec Flock Safety, ECAM et Allied Universal. Créer un réseau d'élus qui partagent les clauses problématiques et négocient collectivement des standards minimaux de protection des données.
→ On saura que ça marche quand les entreprises de surveillance devront proposer des contrats standardisés respectant des critères démocratiques plutôt que des accords opaques au cas par cas.
- 💪 Développer des outils de détection et signalement des COWs via crowdsourcing
Créer une app collaborative permettant à chacun de photographier et géolocaliser les tours de surveillance mobiles dans son quartier. Intégrer des fonctions d'analyse automatique (reconnaissance des modèles, identification des opérateurs) pour alimenter une base de données publique et des alertes citoyennes.
→ On saura que ça marche quand les médias locaux utiliseront ces données citoyennes pour questionner les autorités sur leurs choix de surveillance plutôt que de relayer les communiqués corporate.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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