
Un demi-million de travailleurs tech licenciés depuis fin 2022 : ce chiffre révèle une stratégie délibérée qui dépasse largement la simple optimisation économique. Anil Dash décortique le mécanisme avec une précision chirurgicale : l'IA n'a pas remplacé ces emplois, elle sert d'alibi pour une purge organisée de tous ceux qui osaient contester les dérives managériales. Les dirigeants tech testent d'abord leurs méthodes autoritaires sur leurs propres employés avant de les déployer à l'échelle de l'économie.
Cette stratégie de la peur permanente — licenciements rotatifs, menace constante de l'automatisation — vise à détruire le « surplus cognitif » des organisations, cette capacité d'innovation qui naît quand les gens ont le temps de réfléchir sans stress. Paradoxalement, en cassant leurs propres avantages concurrentiels par pure avidité, ces entreprises libèrent sur le marché une génération de talents aguerris qui pourrait bien créer les alternatives de demain.
Points de vigilance : Risque de romantiser l'entrepreneuriat comme solution systémique alors que le problème relève de rapports de force structurels. L'analyse reste centrée sur l'industrie tech sans élargir aux autres secteurs déjà touchés.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Organiser des syndicats tech transnationaux pour briser l'isolement sectoriel
Créer des alliances entre travailleurs tech licenciés, syndicats traditionnels et mouvements de travailleurs précaires d'autres secteurs. Utiliser l'expertise technique des ex-employés pour développer des outils de coordination et de résistance collective face aux stratégies patronales communes.
→ On saura que ça marche quand les entreprises tech devront négocier des accords collectifs transnationaux plutôt que de jouer la concurrence entre pays et secteurs.
🤘 Transformer les talents licenciés en coopératives technologiques alternatives
Structurer juridiquement et financièrement l'exode des talents vers des modèles coopératifs, avec gouvernance partagée et propriété collective des outils. S'appuyer sur l'expérience du mouvement coopératif et les nouveaux financements solidaires pour créer un écosystème tech post-capitaliste.
→ On saura que ça marche quand les coopératives tech commenceront à attirer des clients entreprise déçus par l'instabilité des géants et leur recherche d'alternatives éthiques.
💪 Documenter publiquement les stratégies patronales pour créer une mémoire collective
Utiliser l'expertise interne des ex-employés pour révéler les mécanismes concrets de manipulation managériale, créer des bases de données partagées des pratiques toxiques par entreprise, et développer des contre-narratifs factuels face à la propagande corporate.
→ On saura que ça marche quand les entreprises devront modifier leurs stratégies RH parce que leurs méthodes sont anticipées et contournées par des travailleurs mieux informés.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


