Amazon vient de fermer discrètement son classement interne KiroRank qui mesurait l'usage des outils IA par ses employés. Officiellement, l'objectif d'adoption était atteint. Officieusement, les employés trichaient massivement pour grimper dans le classement, certains après avoir été réprimandés pour un usage insuffisant de l'IA. Un employé raconte avoir automatisé des requêtes sans rapport avec son travail : « Maximiser le débit était ce que j'ai eu de plus amusant au travail. »
"Ma théorie est que le management veut réprimer l'incitation à la surconsommation. Je ne dirais pas que la 'triche' est répandue mais il y a des façons d'utiliser l'IA de manière économe et moins économe, et avec le classement il y avait une incitation à ne pas se soucier d'être efficace sur l'usage des tokens."
— Employé Amazon anonyme, Utilisateur de l'outil IA Kiro
Le phénomène révèle l'absurdité du « tokenmaxxing » - cette obsession managériale qui pousse à mesurer la productivité à l'aune de la consommation d'IA. Résultat : des scripts automatiques qui font tourner les outils à vide, brûlent les budgets et créent une illusion de performance. Amazon dépense plus en tokens qu'en salaires dans certaines équipes, mais une partie de cette consommation ne produit aucune valeur. Le cas illustre comment les métriques mal conçues créent leurs propres contournements.
Points de vigilance
Le cas révèle les limites des métriques de productivité IA, mais Amazon pourrait simplement affiner ses indicateurs plutôt que repenser l'approche managériale de fond.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer des observatoires de métriques managériales pour documenter les dérives
Alliance syndicats tech + chercheurs en management pour documenter les métriques absurdes (tokenmaxxing, surveillance productivité) et leurs effets pervers. Publier un baromètre annuel des pratiques managériales toxiques avec cas d'école anonymisés.
→ On saura que ça marche quand les entreprises tech commenceront à justifier publiquement leurs choix de métriques de productivité.
- 💪 Documenter et partager les stratégies de contournement créatif
Créer des guides anonymes sur les techniques de gaming des métriques managériales absurdes. Transformer la résistance individuelle en savoir collectif partageable, avec focus sur les méthodes qui révèlent l'absurdité du système sans nuire à l'employé.
→ On saura que ça marche quand les managers commenceront à questionner leurs propres métriques avant de les déployer.
- ✊ Organiser la malveillance créative coordonnée contre les métriques toxiques
Coordonner le gaming collectif des systèmes de mesure absurdes pour les rendre inutilisables. Transformer la tricherie individuelle en action collective qui force l'abandon des métriques dysfonctionnelles par saturation des données.
→ On saura que ça marche quand les entreprises abandonneront les métriques de productivité IA par impossibilité technique de les maintenir.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

