
Voici une proposition qui retourne l'asymétrie informationnelle contre elle-même : puisque les centres de données d'IA créent des externalités négatives (pollution, hausse des prix de l'électricité, consommation d'eau), pourquoi ne pas les obliger à financer les journalistes locaux chargés de les surveiller ? L'auteur, Steven Waldman de Rebuild Local News, s'appuie sur un précédent : quand les câblo-opérateurs ont voulu installer leurs infrastructures, les communautés ont exigé des chaînes d'accès public en contrepartie.
"Le nombre de journalistes locaux a chuté de 75% depuis 2002, si bien que peu de communautés disposeront de reporters pour suivre les impacts du centre de données ou bien d'autres questions locales importantes"
— Steven Waldman, Président, Rebuild Local News
Aujourd'hui, avec 75% de journalistes locaux en moins depuis 2002, cette surveillance citoyenne n'existe plus. Le mécanisme proposé évite la capture : les entreprises versent à une fondation communautaire qui emploie ensuite le journaliste, garantissant l'indépendance éditoriale. L'idée transcende la simple redevance : elle crée un cercle vertueux où l'industrie de l'information finance sa propre transparence, tout en restaurant un tissu médiatique local essentiel à la démocratie.
Points de vigilance : Risque de capture éditoriale malgré les précautions, dépendance financière des médias locaux aux géants tech, possibilité de contournement via des fondations complaisantes.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
https://da.van.ac/note-methodologique-5-piliers/
Et maintenant ?
🤘 Créer un fonds national de redevance tech pour l'information locale
Alliance collectivités locales + associations de journalistes + ONG environnementales pour imposer une taxe sur tous les centres de données, alimentant un fonds national redistribué selon les besoins locaux. Évite la dépendance directe et la capture entreprise par entreprise.
→ On saura que ça marche quand au moins 10 États américains ou pays européens auront adopté une taxation spécifique sur les centres de données avec fléchage vers l'information locale.
🤘 Dupliquer le modèle câble TV dans d'autres secteurs extractifs
Extension du principe Community Benefit Agreement à tous les secteurs créant des externalités négatives : mines, raffineries, plateformes logistiques. Crée un précédent juridique fort et une dynamique transversale de financement de la surveillance citoyenne.
→ On saura que ça marche quand des accords similaires seront signés dans au moins 3 secteurs industriels différents avec financement croisé de l'investigation locale.
💪 Exiger la transparence des Community Benefit Agreements avant autorisation
Citoyens et élus locaux peuvent conditionner leurs votes d'autorisation à la publication détaillée des contreparties négociées, avec calendrier de mise en œuvre et indicateurs de suivi. Crée une pression par l'exemple et la comparaison entre territoires.
→ On saura que ça marche quand les Community Benefit Agreements deviendront des documents publics consultables, permettant aux autres communautés de s'inspirer des meilleures pratiques négociées ailleurs.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques

