
L'affaire Guillou pose brutalement la question de notre souveraineté numérique. Ce juge français, sanctionné pour avoir émis des mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens, voit sa vie quotidienne paralysée : comptes fermés, cartes bancaires désactivées, même son Alexa refuse de lui répondre. Ce cas extrême révèle une réalité systémique : 80% des données publiques européennes transitent par des clouds américains soumis au Cloud Act, donnant à Washington un droit de regard légal sur nos infrastructures. Face à cette asymétrie, l'Europe tente de réagir.
"Linux et le Web ont été inventés en Europe. Et pourtant, en 2025, nous vivons dans la terreur qu'un président américain limite l'accès à nos propres services numériques"
— Tariq Krim, Entrepreneur, figure de la Tech française
La soirée 'Résilience numérique européenne' du 20 janvier 2026 a mobilisé chercheurs et activistes autour d'une stratégie de reconquête. Des alternatives concrètes émergent : Panoramax comme Google Street View libre, OpenPortability pour l'interopérabilité sociale, ou encore la bascule Linux de la Gendarmerie. Mais comme le souligne Tariq Krim, la vraie erreur fut de réduire le cloud à de simples serveurs alors qu'il est avant tout du logiciel. La souveraineté numérique ne se décrètera pas, elle se construira par la maîtrise des briques technologiques de base.
Points de vigilance : Risque de replier technologique défensif qui ralentirait l'innovation. Attention à ne pas confondre souveraineté et autarcie numérique.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Créer une Alliance européenne des standards ouverts et interopérables
Fédérer institutions publiques, entreprises tech européennes et développeurs autour de standards communs (comme OpenPortability). Imposer l'interopérabilité dans les marchés publics pour créer un écosystème européen viable sans isolement.
→ On saura que ça marche quand les administrations européennes pourront basculer d'un fournisseur à l'autre sans perte de données ni interruption de service.
🤘 Transformer les achats publics en levier de souveraineté technologique
Coordonner les 27 États membres pour mutualiser leurs commandes publiques cloud/logiciel. Créer un marché européen unifié de 500 millions d'utilisateurs qui rende viable l'émergence de champions européens face aux géants américains.
→ On saura que ça marche quand les fournisseurs américains devront s'adapter aux standards européens pour accéder à nos marchés publics.
💪 Auditer sa propre dépendance numérique avant qu'elle nous paralyse
Cartographier ses services essentiels (banque, e-mail, stockage) selon leur origine géographique. Identifier ses points de vulnérabilité et migrer progressivement vers des alternatives européennes ou auto-hébergées pour réduire l'exposition aux sanctions extraterritoriales.
→ On saura que ça marche quand les particuliers et PME pourront maintenir leur activité malgré des sanctions ciblant les plateformes dominantes.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


