
L'initiative dépasse le journalisme classique : Disclose et La Quadrature du Net transforment une enquête sur l'usage illégal de reconnaissance faciale par la police en outil d'autodéfense collective. Le guide juridique, conçu pour être imprimé et distribué dans les quartiers, cible les populations les plus exposées au profilage racial — un jeune homme perçu comme noir ou arabe a douze fois plus de risques de subir un contrôle avec fouille.
"Le journalisme d'investigation est là pour donner des raisons d'espérer, pour permettre à la société de résoudre des problèmes, de s'améliorer. On a donc décidé d'unir nos forces afin de faire bouger les pouvoirs publics et de donner plus d'impact à notre enquête."
— Ariane Lavrilleux, Journaliste, Disclose
L'alliance média-ONG révèle une stratégie nouvelle : l'investigation ne s'arrête plus à la révélation, elle s'étend à l'outillage des victimes. Cent personnes à Marseille, des députés interpellés, des exemplaires distribués dans les lieux militants : l'enquête devient mouvement. Cette approche transforme l'asymétrie informationnelle classique — les citoyens subissent ce qu'ils ignorent — en capacité d'action documentée.
Points de vigilance
L'efficacité dépend de la capacité à toucher les populations réellement exposées aux contrôles abusifs, pas seulement les militants déjà sensibilisés. Risque de rester dans l'entre-soi militant si la distribution ne sort pas des circuits habituels.
Et maintenant ?
- 🤘 Systématiser les alliances investigation-juridique pour chaque révélation
Créer un protocole standard : chaque enquête sur la surveillance s'accompagne automatiquement d'un guide juridique co-produit avec des ONG spécialisées. Transformer l'investigation ponctuelle en outillage permanent des populations concernées.
→ On saura que ça marche quand les rédactions intégreront systématiquement un volet 'guide d'autodéfense' dans leurs enquêtes sur les abus de pouvoir.
- 💪 Documenter et signaler chaque usage illégal de reconnaissance faciale
Utiliser le guide pour identifier les situations d'usage illégal, les documenter avec précision (lieu, heure, circonstances) et alimenter une base de données collective qui renforce les recours juridiques futurs.
→ On saura que ça marche quand les tribunaux disposeront d'une documentation systématique des abus permettant des condamnations en série.
- ✊ Multiplier les demandes de suppression du fichier TAJ pour saturer le système
Coordonner des vagues de demandes de suppression de données du fichier TAJ en utilisant les modèles de courrier du guide. Créer un effet de masse qui révèle l'ampleur du fichage et force une réaction institutionnelle.
→ On saura que ça marche quand le ministère de l'Intérieur sera contraint de réformer les procédures de fichage face au volume de demandes.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre


