États privés contre démocraties : la stratégie de fragmentation des géants tech

Analyse du projet technofasciste qui vise à remplacer les démocraties par des États-entreprises en concurrence, avec l'Europe désignée comme adversaire idéologique principal.

30 janv. 2026
États privés contre démocraties : la stratégie de fragmentation des géants tech
L’avenir du technofascisme
Trump 2 met en œuvre un programme beaucoup plus résolu encore que celui du premier mandat. Autour de lui, différents courants avancent leur agenda. On observe en particulier une convergence inattendue entre les courants réactionnaires et les apôtres des nouvelles technologies. Ce qui les unit, ce ne sont pas des principes communs mais des ennemis désignés : les institutions démocratiques, le droit international, le multilatéralisme et le droit positif.

Cette analyse révèle une stratégie systémique de fragmentation démocratique orchestrée par une coalition d'oligarques technologiques et d'idéologues post-libéraux. L'objectif n'est pas de restaurer des souverainetés nationales, mais de créer un marché de la souveraineté où des États-entreprises concurrenceraient les démocraties traditionnelles.

"L'Europe est le dernier bastion d'une tradition continentale, démocratique, des Lumières, là où Russie comme Chine sont déjà fermement des régimes autoritaires. Ils s'en prennent à l'Europe parce que c'est encore le symbole des démocraties libérales."

— Olivier Tesquet, Co-auteur, Apocalypse nerds

L'Europe devient l'adversaire prioritaire non par sa puissance militaire, mais parce qu'elle incarne encore le modèle démocratique libéral que ces acteurs veulent dépasser. La stratégie combine intervention directe (soutien aux mouvements nationalistes européens) et création d'enclaves expérimentales (villes libres, États en réseau) dans des zones à faible densité institutionnelle.

"L'objectif final n'est pas la restauration de souverainetés nationales fortes, mais leur mise en concurrence avec des formes privées de souveraineté. Cette logique est profondément libertarienne : elle repose sur l'idée que le marché peut organiser la société plus efficacement que toute forme d'institution politique."

— Nastasia Hadjadji, Co-auteure, Apocalypse nerds

Ce qui frappe, c'est la convergence entre l'agenda libertarien de mise en concurrence généralisée et les intérêts financiers concrets des géants technologiques, notamment dans les marchés de la défense et de la surveillance. Cette dynamique révèle un nouveau type de contre-révolution : non plus la restauration d'un ancien ordre, mais l'invention d'un système post-démocratique organisé autour de l'optimisation technique et de la sélection aristocratique.

Points de vigilance : Risque de surinterprétation idéologique masquant les rapports de force économiques. La coalition trumpiste reste hétérogène et pourrait évoluer selon les rapports électoraux.

8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Et maintenant ?

🤘 Créer une alliance défensive Europe-démocraties pour résister à la fragmentation

Mobiliser les démocraties européennes, les institutions supranationales et les organisations de société civile pour documenter et contrer les stratégies de déstabilisation. Développer des mécanismes de résistance coordonnée face aux ingérences électorales et aux campagnes de fragmentation institutionnelle.

→ On saura que ça marche quand les tentatives de déstabilisation déclencheront des réponses coordonnées automatiques entre pays démocratiques.

🤘 Organiser la résistance régulatoire face aux États-entreprises émergents

Coaliser régulateurs, juristes du droit international et représentants démocratiques pour développer un arsenal juridique préventif contre les enclaves de souveraineté privée. Anticiper les tentatives de création d'États parallèles en zones grises institutionnelles.

→ On saura que ça marche quand aucune zone géographique ne pourra plus accueillir d'expérimentation de souveraineté privée sans résistance juridique coordonnée.

💪 Documenter et révéler les connexions financières du réseau technofasciste

Tracer systématiquement les flux financiers, les participations croisées et les contrats publics qui relient les géants technologiques aux structures politiques. Créer une cartographie publique des intérêts économiques réels derrière les discours idéologiques.

→ On saura que ça marche quand les électeurs pourront identifier instantanément les intérêts financiers cachés derrière chaque position politique technologique.


Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques