
Le retrait américain de trois institutions clés (GFCE, Freedom Online Coalition, European Centre of Excellence for Countering Hybrid Threats) marque une rupture historique dans la coopération cyber transatlantique. Washington envoie un signal brutal : « l'Internet libre n'est plus notre priorité, ce qui nous intéresse, c'est l'Internet américain ».
Cette désalliance survient au pire moment, note Tariq Krim, quand l'IA démultiplie les vecteurs d'attaques cyber et hybrides. Parallèlement, la menace d'une « techflation » plane : la renégociation du coût du cloud, des services grand public et de la cybersécurité américains pourrait relancer l'inflation européenne. L'administration US annonce 1 milliard de dollars pour privatiser les attaques numériques tout en disant à l'Europe : « nous ne sommes plus là pour vous aider gratuitement ».
Ce chantage géopolitique révèle la dépendance structurelle européenne à l'infrastructure numérique américaine et l'urgence d'une souveraineté technologique réelle.
Points de vigilance : Risque de techno-nationalisme européen réactionnaire plutôt que de construction positive d'alternatives. Attention à ne pas reproduire les logiques de surveillance américaines sous prétexte de souveraineté.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Organiser une alliance européenne de négociation collective face aux géants tech
Créer un front uni des 27 États membres pour négocier ensemble les prix des services cloud, cybersécurité et IA américains. Utiliser le poids économique européen comme levier pour résister au chantage géopolitique et obtenir des conditions équitables, sur le modèle des négociations commerciales avec l'OMC.
→ On saura que ça marche quand Washington acceptera de négocier des accords-cadres européens plutôt que de faire du chantage bilatéral pays par pays.
🤘 Construire des instances cyber européennes autonomes pour remplacer celles abandonnées
Transformer le retrait américain en opportunité en créant des équivalents européens du GFCE et de Freedom Online Coalition, avec budget dédié et expertise renforcée. Inverser la dépendance en devenant un pôle d'attraction pour d'autres régions cherchant une alternative à l'hégémonie tech américaine.
→ On saura que ça marche quand des pays non-européens rejoindront ces nouvelles instances plutôt que les équivalents américains.
💪 Cartographier sa dépendance numérique personnelle pour préparer la découplementation
Auditer ses services numériques (cloud, email, réseaux sociaux) pour identifier la part américaine et tester des alternatives européennes. Créer un effet de réseau en partageant sa démarche, forçant les fournisseurs européens à améliorer leur offre face à la demande croissante.
→ On saura que ça marche quand les alternatives européennes connaîtront une croissance exponentielle d'utilisateurs fuyant la géopolitisation des services américains.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

