
Cette tribune conceptualise l'économie de l'attention comme une nouvelle forme d'exploitation industrielle. Là où les frackers injectent des détergents sous pression pour extraire du pétrole, les plateformes injectent du contenu addictif pour extraire notre attention et la monétiser. Les auteurs établissent un parallèle historique éclairant : tout comme l'industrialisation a créé l'Homo economicus et donné naissance au mouvement ouvrier, la « fracturation humaine » crée l'Homo attentus et appelle une nouvelle forme de politique.
Ce qui ressort de leur analyse, c'est l'identification d'une coalition improbable en cours de formation : des républicains MAGA aux progressistes, tous s'accordent sur la nécessité de protéger l'attention humaine des algorithmes militarisés. Cette convergence transpartisane autour d'un enjeu civilisationnel rappelle l'émergence du mouvement écologique dans les années 1960-70.
Leur proposition d'« activisme de l'attention » repose sur trois piliers : coalitions larges, espaces sanctuaires pour cultiver l'attention profonde, et reconnaissance que nous possédons déjà les outils de résistance par nos pratiques de soin, curiosité et contemplation. Reste à voir si cette théorisation trouvera sa traduction organisationnelle concrète.
Points de vigilance : Risque de rester dans l'abstraction conceptuelle sans mécanismes d'action concrets. Le parallèle historique avec l'industrialisation peut masquer les spécificités de l'économie de l'attention qui résiste aux modèles organisationnels traditionnels.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Construire des alliances transpartisanes autour de la protection de l'enfance
Exploiter le consensus émergent entre conservateurs et progressistes sur la toxicité des algorithmes pour les enfants. Créer des coalitions locales parents-éducateurs-élus qui contournent les clivages idéologiques habituels pour imposer des régulations concrètes aux plateformes.
→ On saura que ça marche quand les débats sur la régulation des plateformes cesseront de suivre les lignes de partage droite-gauche traditionnelles.
🤘 Transformer les bibliothèques en sanctuaires d'attention collective
Réinventer les bibliothèques publiques comme espaces de résistance à l'économie de l'attention : ateliers de contemplation, zones sans écran, clubs de lecture lente. Créer un réseau de lieux physiques où l'attention profonde devient pratique sociale partagée.
→ On saura que ça marche quand les bibliothèques afficheront complet pour leurs programmes d'« hygiène attentionnelle » et inspirent d'autres équipements publics.
💪 Cartographier ses propres îlots d'attention non-monétisée
Identifier et renforcer consciemment ses pratiques de soin, curiosité et contemplation qui échappent aux algorithmes : jardinage, artisanat, conversations longues, lectures lentes. Documenter ces pratiques pour créer un arsenal personnel de résistance attentionnelle.
→ On saura que ça marche quand les gens commenceront à mesurer leur richesse attentionnelle plutôt que leur temps d'écran.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


