L'enquête révèle comment ICE exploite une faille béante dans l'écosystème publicitaire numérique. L'agence a lancé en janvier 2026 un appel d'offres pour accéder aux données comportementales collectées par l'industrie publicitaire — géolocalisation, profils sociaux, habitudes de navigation de centaines de millions d'Américains. Le mécanisme contourne le 4e amendement : au lieu d'obtenir un mandat, ICE achète directement ces informations aux courtiers en données. Brendan O'Kelley, PDG de Scope3 et architecte de l'écosystème publicitaire actuel, confirme que ces données permettent de cartographier les réseaux familiaux et sociaux des individus.
"C'est très choquant de voir noir sur blanc que le gouvernement essaie d'utiliser l'écosystème publicitaire numérique pour trouver et cibler les immigrants. Cela me rend très, très nerveux de voir comment l'utilisation quotidienne d'internet ou les interactions sur les réseaux sociaux se transforment en ciblage. C'est terrifiant."
— Brendan O'Kelley, PDG de Scope3, co-créateur de l'écosystème publicitaire numérique
L'industrie publicitaire elle-même s'inquiète : les groupes professionnels IAB et Network Advertising Initiative proposent des règles pour limiter la vente aux forces de l'ordre, craignant une régulation plus stricte. Deux projets de loi bipartisans (Wyden-Massie) exigeraient des mandats pour ces achats, mais restent bloqués au Congrès. L'enjeu dépasse l'immigration : cette infrastructure peut cibler tout opposant politique, manifestant ou groupe minoritaire.
Points de vigilance
Risque de normalisation de cette surveillance commerciale si l'industrie publicitaire obtient seulement des restrictions cosmétiques. L'auto-régulation proposée par l'IAB pourrait légitimer le système tout en préservant les profits.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer une coalition industrie-société civile contre la vente aux forces de l'ordre
Fédérer les groupes professionnels adtech (IAB, NAI) avec les ONG de défense des droits (EFF, ACLU) pour transformer les standards volontaires en obligations contractuelles. L'industrie craint la régulation, la société civile veut des protections : alliance naturelle pour imposer des clauses anti-surveillance dans les contrats de données.
→ On saura que ça marche quand les principaux courtiers en données publieront des politiques contractuelles interdisant explicitement la revente aux agences gouvernementales.
- ✊ Organiser un audit public des réponses à l'appel d'offres ICE
Utiliser les lois sur la transparence gouvernementale (FOIA) pour identifier quelles entreprises ont répondu à ICE, puis publier une liste des 'collaborateurs de la surveillance' pour permettre aux consommateurs et investisseurs d'exercer une pression économique ciblée.
→ On saura que ça marche quand les entreprises adtech commenceront à communiquer publiquement sur leurs refus de collaborer avec les agences de surveillance comme argument commercial.
- 💪 Documenter et partager les outils de protection contre le profilage publicitaire
Créer des guides pratiques pour désactiver le tracking publicitaire (opt-out des courtiers, bloqueurs de pub, VPN) et les diffuser dans les communautés ciblées. Chaque personne protégée réduit la qualité des données vendues et crée un effet de réseau de protection collective.
→ On saura que ça marche quand les courtiers en données commenceront à signaler une dégradation de la qualité de leurs profils dans certaines communautés géographiques ou démographiques.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

