
L'escalade est brutale : l'administration Trump classe désormais les fact-checkeurs et responsables européens de l'intégrité informationnelle comme menaces sécuritaires, leur interdisant l'accès au territoire américain. Les visés ? Des fonctionnaires et chercheurs qui appliquent simplement les lois démocratiquement votées par leurs pays, notamment le Digital Services Act européen.
Cette décision révèle une stratégie plus large : criminaliser toute tentative de réguler l'information comme acte hostile envers les États-Unis. L'International Fact-Checking Network dénonce cette inversion orwellienne où l'interdiction devient la vraie censure, là où le fact-checking était présenté comme tel. Ce qui se joue ici dépasse la simple guerre commerciale : c'est la transformation de l'écosystème informationnel en terrain d'affrontement géopolitique, où défendre la vérité devient un acte de résistance politique.
Points de vigilance : Risque de polarisation excessive où toute critique du fact-checking serait invalidée. L'interdiction de visa peut aussi révéler de vrais conflits d'intérêts dans l'écosystème de vérification.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Créer un réseau européen de protection juridique pour les fact-checkeurs
Alliance entre gouvernements européens, organisations de journalistes et institutions académiques pour financer la défense juridique et diplomatique des professionnels de l'intégrité informationnelle visés par des représailles politiques. Mécanisme : fonds d'urgence + protection consulaire renforcée + contre-sanctions ciblées.
→ On saura que ça marche quand au moins 5 pays européens auront créé un mécanisme de protection diplomatique commune pour leurs ressortissants fact-checkeurs
🤘 Transformer l'interdiction en certification de crédibilité internationale
Retournement stratégique : faire de la 'blacklist' américaine un label de qualité dans l'écosystème européen de l'information. Les fact-checkeurs interdits de visa deviennent les références de l'indépendance face aux pressions géopolitiques. Crée une économie alternative de la réputation.
→ On saura que ça marche quand les fact-checkeurs 'interdits' recevront plus d'opportunités professionnelles en Europe que leurs collègues 'autorisés'
💪 Documenter systématiquement les pressions sur les fact-checkeurs
Chaque journaliste et chercheur crée un dossier détaillé de ses activités professionnelles légitimes pour anticiper d'éventuelles accusations. Archive publique des méthodes, sources et processus de vérification. Crée une jurisprudence défendable et transparent l'arbitraire des représailles.
→ On saura que ça marche quand la documentation préventive deviendra une pratique standard dans les rédactions européennes
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


