
L'Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution (BfV) a choisi ArgonOS, développé par la société française ChapsVision, plutôt que les solutions de l'américain Palantir pour traiter ses données de renseignement. Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance technologique européenne envers les États-Unis.
Le président du BfV, Sinan Selen, avait annoncé dès décembre sa volonté de privilégier des alternatives européennes à Palantir. ArgonOS est déjà utilisé par plusieurs agences françaises, dont la DGSI. Marc Henrichmann, président de la commission parlementaire de surveillance des services de renseignement allemands, y voit "un signal clair pour la souveraineté numérique européenne".
"En choisissant ArgonOS, le BfV envoie un signal clair pour la souveraineté numérique européenne. Que ArgonOS puisse tenir la distance à long terme devra être démontré par son usage opérationnel. La performance doit rester le critère principal, pas seulement l'origine."
— Marc Henrichmann, Président de la commission parlementaire de surveillance des services de renseignement allemands
La décision intervient dans un contexte de débat intense en Allemagne sur le rôle de Palantir dans l'infrastructure sécuritaire du pays. Plusieurs forces de police allemandes utilisent déjà les logiciels de l'entreprise américaine, et le ministère de l'Intérieur envisage de l'étendre aux forces fédérales. Face aux critiques sur la protection des données et les risques de dépendance, le PDG de Palantir Alex Karp a défendu sa technologie, utilisée selon lui "sur tous les champs de bataille sérieux du monde".
Cette initiative allemande illustre une dynamique européenne plus large : construire une autonomie technologique dans les secteurs critiques, même si cela implique des coûts et des défis techniques considérables.
Points de vigilance
Risque de souveraineté cosmétique si ArgonOS dépend de composants américains non documentés. La performance opérationnelle reste à démontrer face à Palantir, leader établi du secteur.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer un consortium européen d'alternatives aux géants tech américains
Fédérer les initiatives nationales (ArgonOS français, solutions allemandes, italiennes) en consortium technique et commercial. Mutualiser R&D, certifications sécuritaires et marchés publics pour atteindre la masse critique face aux géants américains.
→ On saura que ça marche quand au moins 5 pays européens passeront commande groupée d'une même solution souveraine
- 💪 Auditer la chaîne d'approvisionnement des solutions 'souveraines'
Développer des outils citoyens de traçabilité technologique pour vérifier que les alternatives européennes ne dépendent pas de composants critiques américains ou chinois. Publier des scorecards de souveraineté réelle par solution.
→ On saura que ça marche quand les appels d'offres publics intégreront des critères de traçabilité technologique vérifiables
- ✊ Coordonner un retrait européen des contrats Palantir existants
Organiser une sortie coordonnée des forces de police européennes utilisant Palantir, en s'appuyant sur les alternatives validées par l'Allemagne. Cibler le pilier 'revenus institutionnels européens' de Palantir pour fragiliser sa position de monopole.
→ On saura que ça marche quand Palantir perdra plus de 30% de ses contrats européens en 18 mois
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

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