
Cette décision du Parlement européen marque un tournant symbolique dans la souveraineté numérique européenne. Depuis jeudi, les 705 députés européens voient leurs recherches dirigées par défaut vers Qwant, le moteur français qui ne traque pas ses utilisateurs, abandonnant Google. Le timing révèle une cohérence : en novembre dernier, des parlementaires demandaient déjà à la présidente Roberta Metsola de basculer vers des fournisseurs européens, et en février, l'institution bloquait l'accès aux IA génératives sur les appareils officiels.
"Avec suffisamment de volonté politique, cette institution sera affranchie du risque de dépendance aux technologies étrangères d'ici à la fin du mandat"
— Députés européens, Parlementaires européens
Qwant s'appuie désormais sur Staan, l'index européen développé avec l'allemand Ecosia fin 2024, réduisant sa dépendance à Bing de Microsoft. Cette initiative démontre qu'une institution peut concrétiser ses principes de souveraineté numérique par des choix techniques précis, même si les députés gardent la liberté de revenir à Google individuellement.
Points de vigilance
Risque de souveraineté cosmétique si les autres services (Microsoft, Google) restent dominants dans l'institution. La liberté de revenir à Google peut vider la mesure de son impact.
Et maintenant ?
- 🤘 Fédérer les institutions publiques européennes autour d'un cahier des charges commun
Créer un consortium d'achat public européen pour les services numériques essentiels (recherche, messagerie, stockage). Le Parlement européen ouvre la voie, les parlements nationaux et collectivités peuvent suivre avec des critères techniques partagés.
→ On saura que ça marche quand au moins 5 parlements nationaux européens utiliseront les mêmes fournisseurs souverains avec des contrats coordonnés.
- 💪 Documenter et partager les alternatives européennes fonctionnelles par secteur
Cartographier les solutions européennes viables (Qwant/recherche, Nextcloud/stockage, Element/messagerie) avec retours d'usage concrets. Créer un guide pratique de migration pour les organisations publiques et privées.
→ On saura que ça marche quand les guides de migration seront cités dans les appels d'offres publics comme références techniques.
- ✊ Exiger la transparence des contrats technologiques dans les institutions publiques
Utiliser les lois d'accès aux documents administratifs pour révéler les contrats Microsoft/Google des administrations. Publier les montants, durées et clauses de dépendance pour créer un débat public sur les coûts de la non-souveraineté.
→ On saura que ça marche quand les administrations devront justifier publiquement leurs choix technologiques non-européens dans leurs budgets.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
💬 On en discute ?
Tu veux recevoir le flux quotidien des articles publiés sur le site ? Suis-moi sur LinkedIn, Bluesky, Mastodon, Facebook ou rejoins-moi sur Discord !
Tu as des remarques, des suggestions, ou tu veux discuter d'une idée pour avancer dans tes propres projets ? Connecte-toi et laisse-moi un commentaire ou jette un oeil directement à mon agenda. 📆

