Les géants américains transforment l'Afrique en terrain de jeu numérique

Amazon, Starlink, Meta et Google se livrent bataille pour contrôler l'infrastructure internet africaine, exploitant les 400 millions d'Africains non connectés comme marché captif.

22 janv. 2026
Les géants américains transforment l'Afrique en terrain de jeu numérique
Big Tech is racing to own Africa’s internet
Amazon has joined Starlink, Google, and Meta in the scramble to control how Africa goes online.

Cette ruée vers l'or numérique révèle une stratégie d'ensemble : pendant que l'Europe débat de souveraineté, les géants américains construisent discrètement l'infrastructure qui connectera 400 millions d'Africains au monde. Amazon vient d'obtenir sa licence nigériane pour déployer ses satellites Leo, rejoignant Starlink qui compte déjà des milliers d'abonnés.

"L'Afrique reste la région la moins connectée au monde, mais c'est précisément ce qui en fait l'un des marchés les plus attractifs pour les fournisseurs de connectivité globaux"

— Temidayo Oniosun, Fondateur et directeur général, Space in Africa

Sous les océans, Meta déroule ses 45 000 kilomètres de câbles 2Africa tandis que Google muscle ses liaisons avec Equiano. Le mécanisme est imparable : dans un continent où seuls 38% de la population était en ligne en 2024, chaque nouvelle infrastructure crée de la dépendance.

"Le contrôle de l'infrastructure — pas les applications grand public — est devenu la priorité stratégique"

— Temidayo Oniosun, Fondateur et directeur général, Space in Africa

Contrôler les tuyaux, c'est contrôler les flux de données, les modèles économiques et in fine les sociétés qui émergent. L'enjeu dépasse largement la connectivité : il s'agit de façonner les architectures de pouvoir numérique d'un continent entier.

Points de vigilance : Risque de néocolonialisme numérique si les États africains restent simples spectateurs de cette bataille d'infrastructures. La baisse des prix annoncée pourrait masquer une captation de valeur à long terme.

8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Et maintenant ?

🤘 Organiser une coalition panafricaine d'achat groupé d'infrastructure satellite

Union africaine + États nationaux + opérateurs locaux négocient ensemble des conditions d'accès équitables aux constellations satellites, imposent des clauses de localisation des données et créent un fonds commun d'investissement dans des alternatives régionales. Mécanisme : pouvoir de négociation collective face aux géants tech.

→ On saura que ça marche quand au moins 5 pays africains signeront un accord-cadre commun de négociation avec les fournisseurs satellites étrangers.

🤘 Créer des partenariats Sud-Sud pour contourner la dépendance occidentale

Alliances stratégiques entre pays africains, indiens, brésiliens pour développer des solutions satellites alternatives. Capitaliser sur l'expertise spatiale indienne (coûts 10x inférieurs) et les besoins similaires de connectivité. Effet de levier : créer un écosystème technologique multipolaire.

→ On saura que ça marche quand une première constellation satellite développée en partenariat Sud-Sud desservira plusieurs continents.

💪 Auditer et cartographier les flux de données de son infrastructure locale

Entreprises et organisations africaines documentent par où transitent leurs données (routage, stockage, traitement) pour identifier les dépendances critiques. Publier ces cartes de flux créé une conscience collective des asymétries et informe les négociations futures.

→ On saura que ça marche quand des cartographies de flux de données seront utilisées dans les débats parlementaires sur la souveraineté numérique.


Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques