
Cette initiative néerlandaise révèle une rupture géopolitique majeure : en octobre, les services de renseignement néerlandais ont cessé de partager certaines informations avec leurs homologues américains, invoquant des ingérences politiques et des préoccupations relatives aux droits humains. La réponse ? Créer un 'équivalent européen' du Five Eyes, l'alliance de renseignement qui lie les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande depuis 1946.
Le gouvernement de coalition néerlandais veut intensifier la coopération avec un 'groupe central de pays aux vues similaires', notamment le Royaume-Uni, la Pologne, la France, l'Allemagne et les pays nordiques. Cette stratégie s'accompagne d'une refonte complète de la loi sur les services de renseignement pour la rendre 'neutre technologiquement' et axée sur les menaces plutôt que sur les outils d'investigation spécifiques.
Ce qui se dessine ici, c'est une tentative européenne de reconquête de sa souveraineté informationnelle face à la dépendance historique aux services américains. Les Néerlandais parient sur une 'autonomie stratégique' européenne en matière de renseignement, tout en renforçant leurs liens avec les entreprises tech locales pour recruter les meilleurs talents techniques.
Points de vigilance
Risque de création d'un autre système fermé plutôt qu'une véritable démocratisation du renseignement. La 'neutralité technologique' pourrait masquer une extension des pouvoirs de surveillance...
Et maintenant ?
- 🤘 Créer des standards européens ouverts pour l'échange de renseignement
Alliance parlements nationaux + société civile + juristes spécialisés pour définir des protocoles transparents d'échange d'informations entre services européens, avec mécanismes de contrôle démocratique et audits publics réguliers.
→ On saura que ça marche quand les accords de renseignement européens seront soumis à ratification parlementaire et auront des clauses de révision publique obligatoire.
- 🤘 Construire une infrastructure technique européenne indépendante
Coalition États membres + entreprises tech européennes + universités pour développer des outils de chiffrement et d'analyse de données souverains, évitant la dépendance aux technologies de surveillance américaines ou chinoises.
→ On saura que ça marche quand les services européens utiliseront majoritairement des outils développés et hébergés en Europe, avec code source auditable.
- 💪 Exiger la transparence sur les accords de renseignement existants
Utiliser les lois d'accès à l'information pour forcer la publication des accords bilatéraux de partage de renseignement, créer des bases de données citoyennes de ces accords pour alimenter le débat public sur la surveillance.
→ On saura que ça marche quand les citoyens européens auront accès aux termes généraux des accords de renseignement qui les concernent, sans compromettre les opérations en cours.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !


