
Cette analyse de la désignation WhatsApp révèle un mécanisme plus vaste : l'Europe construit méthodiquement un environnement réglementaire contradictoire qui rend l'opération viable impossible pour les géants tech américains. L'exemple du DSA versus DMA est frappant : Google doit partager des données granulaires avec les retailers (DMA) tout en leur interdisant de cibler avec ces mêmes données (DSA). Le cas Facebook Marketplace illustre cette logique kafkaïenne : d'abord salué comme facteur de concurrence en 2020, puis condamné à 800 millions d'euros en 2021 pour position dominante.
WhatsApp se retrouve piégé par sa fonction Channels qui le fait basculer sous DSA, créant de nouveaux risques de contradiction avec les obligations DMA de Meta. L'auteur pose la vraie question : l'Europe veut-elle vraiment ces services, ou construit-elle délibérément les conditions de leur retrait ?
Points de vigilance
Risque de voir cette analyse comme du protectionnisme déguisé. L'objectif légitime (éviter oligopole et manipulation) pourrait produire l'effet inverse : moins de concurrence, plus de dépendance aux acteurs qui restent.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer un observatoire juridique européen des contradictions réglementaires
Alliance juristes spécialisés + associations consommateurs + PME tech pour documenter systématiquement les cas où DSA/DMA/RGPD créent des obligations contradictoires. Publier un rapport annuel avec recommandations concrètes pour les régulateurs. Transformer le chaos juridique en levier de réforme.
→ On saura que ça marche quand la Commission européenne citera explicitement ce rapport dans ses révisions réglementaires et créera une procédure d'évaluation de cohérence inter-réglementations.
- 🤘 Construire des alternatives européennes avec garanties de cohérence juridique
Coalition startups européennes + investisseurs + États membres pour développer des services 'DSA/DMA-native' conçus dès l'origine pour respecter les régulations européennes. Créer un label 'Conforme par design' avec certification indépendante. Montrer qu'on peut innover AVEC les règles européennes.
→ On saura que ça marche quand au moins 3 services labellisés 'Conforme par design' dépasseront 10 millions d'utilisateurs européens et seront cités par la Commission comme modèles de compliance.
- 💪 Auditer la cohérence des services qu'on utilise avant qu'ils disparaissent
Identifier les services américains qu'on utilise quotidiennement et vérifier s'ils sont pris dans des contradictions DSA/DMA. Documenter les fonctionnalités qui risquent de disparaître et préparer des alternatives. Créer une veille collective des retraits de service pour ne pas être pris au dépourvu.
→ On saura que ça marche quand les utilisateurs européens anticiperont massivement les retraits de services tech américains et migreront vers des alternatives avant les annonces officielles.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !


