
L'Inde déroule le tapis rouge aux géants américains : 20 ans d'exonération fiscale pour les centres de données servant la clientèle mondiale, 2,4 milliards de dollars d'incitations pour Google seul en Andhra Pradesh. Mais cette course à l'infrastructure IA révèle un mécanisme d'accaparement systémique. Les lois d'"utilité publique" permettent aux gouvernements d'exproprier les terres agricoles pour des projets privés, transformant les rizières en serveurs.
"Les propriétaires américains peuvent refuser une offre d'achat. Malheureusement, ceux avec qui j'ai travaillé en Inde et en Afrique n'ont pas le même droit"
— Jillian Hishaw, Avocate spécialisée dans la lutte contre l'accaparement des terres agricoles
Ce qui frappe, c'est l'asymétrie des droits : aux États-Unis et en Europe, les propriétaires peuvent refuser la vente, tandis qu'en Inde et en Afrique, les agriculteurs subissent la pression sans recours équivalent. L'avocat Jillian Hishaw le confirme : "Les propriétaires américains peuvent refuser une offre d'achat. Malheureusement, ceux avec qui j'ai travaillé en Inde et en Afrique n'ont pas le même droit." Cette géographie à deux vitesses révèle comment la souveraineté numérique se construit sur l'inégalité foncière.
Points de vigilance
Risque de reproduire les asymétries Nord-Sud dans d'autres secteurs si le modèle d'incitations fiscales massives se généralise sans garde-fous démocratiques.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer une alliance agriculteurs-ONG numériques pour documenter l'accaparement
Connecter les mouvements paysans locaux (Human Rights Forum en Inde) avec les organisations de droits numériques (Internet Freedom Foundation, DEF) pour créer une base de données mondiale des expropriations liées aux data centers. Modèle : Tu Nube Seca Mi Río en Espagne qui encourage la résistance internationale.
→ On saura que ça marche quand les géants tech devront négocier avec des coalitions transnationales plutôt qu'avec des gouvernements isolés.
- 🤘 Harmoniser les droits fonciers dans les accords commerciaux numériques
Intégrer des clauses de protection foncière dans les accords commerciaux numériques, sur le modèle des droits de propriété européens et américains. Cibler les négociations UE-Inde et les accords de partenariat numérique pour créer un standard minimal de consentement libre et éclairé.
→ On saura que ça avance quand les accords commerciaux incluront des clauses contraignantes sur le consentement foncier pour les infrastructures numériques.
- 💪 Cartographier les incitations fiscales des data centers dans sa région
Utiliser les outils de transparence budgétaire pour identifier les subventions publiques accordées aux centres de données. Modèle : l'enquête de DEF en Inde qui a révélé 2,4 milliards d'incitations cachées. Créer une pression citoyenne sur l'utilisation des fonds publics.
→ On saura que ça marche quand les collectivités devront justifier publiquement chaque euro d'incitation accordé aux géants tech.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

💬 On en discute ?
Tu veux recevoir le flux quotidien des articles publiés sur le site ? Suis-moi sur LinkedIn, Bluesky, Mastodon, Facebook ou rejoins-moi sur Discord !
Je m'appelle Damien Van Achter, Je suis journaliste, prof et consultant en innovation et en pédagogie entrepreneuriale. Depuis 2005, j'essaye de comprendre et de raconter comment fonctionnent nos systèmes informationnels.
Au cours du temps, j'ai développé des outils d'analyse qui repèrent les pièges tendus par les entreprises de la tech et certains états, et j'explore des pistes pour tenter de s'en libérer, positivement et avec discernement.
J'explique ici ma démarche, inspirée récemment des travaux de l'historien Timothy Snyder, comment ces analyses sont produites techniquement et humainement, ainsi que leurs limites.
On t'a transféré ce mail ? Tu peux t'abonner en 1 clic pour recevoir les suivants.
Tu as des remarques, des suggestions, ou tu veux discuter d'une idée pour avancer dans tes propres projets ? Jette un oeil à mon agenda. 📆
@davanac
