
Cette initiative canadienne révèle une dynamique géopolitique majeure : l'émergence d'une infrastructure de calcul souveraine dans l'espace. Kepler Communications a déployé 40 processeurs Nvidia Orin sur 10 satellites interconnectés par liaisons laser, créant le premier véritable cluster de calcul orbital opérationnel. L'entreprise compte déjà 18 clients et vient d'annoncer un partenariat avec Sophia Space pour tester des systèmes d'exploitation propriétaires dans l'espace.
"Parce que nous croyons que c'est plus de l'inférence que de l'entraînement, nous voulons plus de GPU distribués qui font de l'inférence, plutôt qu'un GPU super-puissant qui a la capacité de charge d'entraînement. Dans notre cas, nos GPU tournent 100% du temps."
— Mina Mitry, CEO, Kepler Communications
Ce qui frappe, c'est la stratégie : plutôt que de reproduire les data centers terrestres, Kepler mise sur le calcul distribué en périphérie, avec des GPU qui tournent à 100% du temps pour traiter les données là où elles sont collectées. Le timing n'est pas anodin : alors que le Congrès américain pousse dans la même direction, l'espace devient une alternative stratégique pour contourner les contraintes terrestres. On assiste à l'émergence d'un nouveau paradigme où la souveraineté numérique se joue littéralement au-dessus de nos têtes.
Points de vigilance
Risque de reproduction des monopoles terrestres dans l'espace si les acteurs dominants (SpaceX, Blue Origin) captent le marché émergent. La dépendance aux composants Nvidia reste problématique.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer une alliance spatiale européenne pour l'infrastructure de calcul orbital
Fédérer les agences spatiales européennes (ESA, CNES, DLR) avec des acteurs privés comme Kepler pour développer une constellation souveraine de calcul spatial. Éviter la dépendance aux géants américains en mutualisant les coûts de lancement et les technologies de refroidissement passif.
→ On saura que ça marche quand l'Europe lancera sa première constellation de calcul orbital avec des processeurs non-américains d'ici 2028.
- 🤘 Développer des standards ouverts pour l'interopérabilité des clusters spatiaux
Créer un consortium technique réunissant Kepler, Sophia Space et d'autres acteurs pour définir des protocoles ouverts de communication inter-satellites. Empêcher la balkanisation de l'espace numérique en imposant l'interopérabilité dès le démarrage du secteur.
→ On saura que ça marche quand les satellites de différents opérateurs pourront se connecter et partager leurs ressources de calcul via des protocoles standardisés.
- 💪 Auditer la chaîne d'approvisionnement des composants spatiaux critiques
Cartographier les dépendances technologiques des infrastructures spatiales émergentes, notamment la domination Nvidia sur les processeurs. Identifier les alternatives (processeurs ARM, RISC-V) et les goulots d'étranglement géopolitiques avant qu'ils ne deviennent systémiques.
→ On saura que ça marche quand des alternatives crédibles aux processeurs Nvidia seront déployées dans au moins 30% des nouveaux clusters spatiaux.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

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Je m'appelle Damien Van Achter, Je suis journaliste, prof et consultant en innovation et en pédagogie entrepreneuriale. Depuis 2005, j'essaye de comprendre et de raconter comment fonctionnent nos systèmes informationnels.
Au cours du temps, j'ai développé des outils d'analyse qui repèrent les pièges tendus par les entreprises de la tech et certains états, et j'explore des pistes pour tenter de s'en libérer, positivement et avec discernement.
J'explique ici ma démarche, inspirée récemment des travaux de l'historien Timothy Snyder, comment ces analyses sont produites techniquement et humainement, ainsi que leurs limites.
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