
L'enquête de la RTBF documente un détournement systémique des lunettes connectées Ray-Ban Meta. Des coaches en séduction filment des femmes dans l'espace public sans leur consentement, masquant la LED d'enregistrement ou exploitant sa discrétion. Le business prospère : 150 euros l'heure de coaching en France, 7 millions de paires vendues en 2025.
"Dans un cas comme dans l'autre, la légalité est fortement compromise. Le consentement doit être demandé avant la captation, pas après. Si la personne filmée fait savoir son désaccord, les images doivent être immédiatement effacées."
— Saba Parsa, Avocate spécialisée en technologies de l'information
Deux témoignages détaillent le procédé : approche de drague scriptée, enregistrement secret, puis proposition de contrat d'autorisation avec compensation de 30 euros. L'avocate Saba Parsa confirme l'illégalité : violation du droit à l'image et du RGPD. Meta renvoie la responsabilité aux utilisateurs malgré les conditions d'usage. La ministre belge Vanessa Matz saisit le comité européen de protection des données. Le paradoxe révélé : une technologie d'assistance (malvoyants) transformée en outil de prédation genrée dans l'espace public.
Points de vigilance
Risque de normalisation progressive de la surveillance déguisée. Les lunettes connectées créent une asymétrie d'information permanente où l'observé ne peut plus identifier l'observateur. Le renvoi de responsabilité par Meta vers les utilisateurs évite la régulation technique.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer une certification technique anti-détournement pour objets connectés
Coalition régulateurs européens + associations féministes + fabricants pour imposer des standards techniques : LED non-masquable, signal sonore obligatoire, consentement explicite avant activation. Modèle : certification énergétique des appareils électroménagers.
→ On saura que ça marche quand les nouveaux objets connectés intégreront des protections anti-détournement dès la conception, certifiées par un organisme indépendant.
- ✊ Documenter et signaler massivement les coaches prédateurs aux plateformes
Cartographie collaborative des comptes de coaches utilisant la surveillance déguisée. Signalement coordonné aux plateformes (Instagram, TikTok, YouTube) pour violation des conditions d'usage. Pression sur les piliers économiques : annonceurs, partenariats, monétisation.
→ On saura que ça marche quand les plateformes démonétiseront automatiquement les contenus de drague filmée sans consentement explicite.
- 💪 Développer des contre-mesures techniques citoyennes détectables
Applications mobiles détectant les signaux des lunettes connectées à proximité (Bluetooth, WiFi). Brouilleurs LED portables. Autocollants anti-reconnaissance faciale. Transformer l'asymétrie technologique en avantage défensif pour les personnes ciblées.
→ On saura que ça marche quand les espaces publics afficheront des panneaux 'Zone protégée contre la surveillance déguisée' avec outils de détection disponibles.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre



