PoopCheck : quand l'app santé devient marché de données intimes

Une app d'analyse de selles collecte 150 000 images de 25 000 utilisateurs et les vend 3 000$ aux entreprises d'IA, malgré ses promesses de confidentialité.

18 mai 2026
PoopCheck : quand l'app santé devient marché de données intimes
Internet of Shit: AI Poop Analysis App Offered to Sell Me Database of Its Users’ Poops
“I hoarded a large database of something valuable, just not what you expect… 150k stools images.”

L'enquête de 404 Media révèle un cas d'école de tromperie sur les données personnelles. PoopCheck, une app gratuite d'analyse de selles par IA, affiche « Privacy First » sur son site et « The developer does not collect any data » sur l'App Store. Mais dans ses conditions d'utilisation cachées, elle s'octroie une licence « mondiale, irrévocable, perpétuelle » sur toutes les images uploadées. Résultat : 150 000 photos de selles de 25 000 utilisateurs, vendues entre 3 000 et 5 000 dollars aux entreprises d'IA.

"J'ai accumulé une grande base de données de quelque chose de précieux, juste pas ce à quoi vous vous attendez... 150 000 images de selles. J'ai 150 000+ images étiquetées et classifiées de 💩 de environ 25 000 personnes différentes [traduit de l'anglais]"

— Ill_Car_7351, Fondateur de PoopCheck

Chaque image est liée à des métadonnées détaillées : âge, poids, habitudes alimentaires, troubles digestifs, via un identifiant utilisateur unique. L'entreprise Soft All Things commercialise ouvertement cette base comme « le plus grand dataset d'images de selles grand public » sur une page dédiée aux entreprises. Le paradoxe : plus l'app prétend protéger la vie privée, plus elle monétise l'intimité corporelle de ses utilisateurs.

Points de vigilance

Risque de normalisation de la collecte de données corporelles intimes sous prétexte de santé. Le modèle économique 'app gratuite = utilisateur produit' s'étend aux données les plus privées.

Et maintenant ?

  • 🤘 Créer un observatoire des conditions d'utilisation trompeuses

Coalition régulateurs + associations consommateurs + chercheurs pour auditer systématiquement l'écart entre promesses marketing et conditions légales des apps santé. Publier un index de tromperie avec scoring par app et alertes automatiques aux utilisateurs.

→ On saura que ça marche quand les app stores intégreront des alertes automatiques sur les écarts entre description publique et conditions d'utilisation.

  • 💪 Auditer les conditions d'utilisation avant installation

Développer des outils automatisés qui comparent les promesses marketing d'une app avec ses conditions légales réelles. Créer des extensions navigateur qui alertent sur les clauses de cession de données avant téléchargement.

→ On saura que ça marche quand les utilisateurs refuseront massivement les apps avec des écarts flagrants entre promesses et conditions.

  • ✊ Coordonner des recours collectifs contre la tromperie sur les données

Organiser des class actions ciblant spécifiquement l'écart entre promesses publiques et conditions cachées. Viser les apps santé qui collectent des données intimes sous faux prétextes pour créer une jurisprudence dissuasive.

→ On saura que ça marche quand les premières condamnations pour tromperie sur les données créeront un précédent juridique contraignant.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.

Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

56_2025-2026/60 - IA militaire en Belgique : transparence et règles — demande de contrôle parlementaire - 56_2025-2026/60 - IA militaire en Belgique : transparence et règles — demande de contrôle parlementaire - Pétitions - Petities
L’AI Act européen exclut la sécurité nationale de son champ. Aucun texte belge n’encadre donc l’usage de l’IA par la Défense nationale et la Police fédérale.Je demande à la Chambre d’adopter une résolution pour :(1) obtenir du gouvernement un état des lieux des systèmes IA déployés et de leurs garanties contractuelles ; (2) fixer des règles nationales minimales ; et (3) se prononcer sur l’usage de l’IA pour la surveillance de masse et les armes sans supervision humaine.

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