Quand les avocats de diffamation sabotent la protection des journalistes

La Society of Media Lawyers a mené un lobbying intensif pour tuer dans l'œuf toute législation anti-SLAPP au Royaume-Uni, protégeant ainsi le juteux business des procès-bâillons.

26 mai 2026
Quand les avocats de diffamation sabotent la protection des journalistes
Top libel lawyers ‘killed off’ legislation to protect public interest reporting
Claimant lawyers argued SLAPP debate is based on “misleading narrative”.

L'enquête révèle un mécanisme de capture réglementaire particulièrement efficace. La Society of Media Lawyers, qui regroupe des cabinets spécialisés comme Mishcon de Reya et Carter-Ruck, a organisé des réunions privées avec les gouvernements conservateur et travailliste pour convaincre que le problème des SLAPP était « exagéré par les médias ». Leur stratégie : se présenter comme les défenseurs de l'accès à la justice face à une presse qui voudrait « avoir carte blanche ». Le résultat est net : aucune mention de législation anti-SLAPP dans le discours du trône de 2024, malgré le soutien transpartisan et les appels répétés des éditeurs.

"Il est clair que la Society of Media Lawyers a mené une campagne de lobbying persistante pour tuer toute perspective de législation sensée qui pourrait menacer le racket lucratif du Royaume-Uni en matière de guerre juridique diffamatoire."

— Charlotte Leslie, Ancienne députée conservatrice

Charlotte Leslie, ancienne députée conservatrice, résume : « Il est clair que la Society of Media Lawyers a mené une campagne de lobbying persistante pour tuer toute perspective de législation sensée qui pourrait menacer le racket lucratif du Royaume-Uni en matière de guerre juridique diffamatoire. » L'asymétrie est parfaite : ceux qui profitent du système actuel ont l'oreille du pouvoir, ceux qui en souffrent restent dans l'antichambre.

Points de vigilance

Risque de polarisation excessive du débat entre « liberté totale de la presse » et « accès à la justice ». La solution réside probablement dans une procédure rapide et peu coûteuse pour distinguer les vraies plaintes des procès-bâillons.

Et maintenant ?

  • 🤘 Créer une coalition éditeurs-juristes pour contrer le lobbying des cabinets

Fédérer les éditeurs nationaux avec des juristes spécialisés en défense pour produire des contre-propositions techniques détaillées. L'objectif : neutraliser l'argument « vous ne comprenez pas les subtilités juridiques » en apportant une expertise équivalente mais orientée protection du journalisme.

→ On saura que ça marche quand les cabinets de défense médiatique publieront des notes techniques aussi détaillées que celles des cabinets demandeurs, et que le ministère de la Justice citera les deux camps dans ses consultations.

  • ✊ Documenter publiquement les revenus SLAPP des grands cabinets britanniques

Cartographier systématiquement les affaires SLAPP menées par chaque cabinet, leurs honoraires estimés et leurs clients récurrents. Publier un « baromètre annuel du business SLAPP » pour rendre visible l'ampleur économique du phénomène et fragiliser l'argument « le problème est exagéré ».

→ On saura que ça marche quand les cabinets spécialisés commenceront à refuser certaines affaires SLAPP par crainte de l'impact réputationnel, ou quand ils développeront des codes de déontologie internes.

  • 💪 Utiliser les demandes d'accès aux documents pour tracer le lobbying

Multiplier les demandes Freedom of Information sur les rencontres entre cabinets juridiques et ministères, en ciblant les calendriers des ministres, les notes de briefing et les réponses aux consultations. Créer une base de données publique des interactions lobbying-justice pour rendre visible l'influence.

→ On saura que ça marche quand le ministère de la Justice publiera spontanément un registre des rencontres avec les professionnels du droit, ou quand les cabinets demanderont explicitement la confidentialité de leurs échanges.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.


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