
Benjamin Strick livre ici un manuel de résistance par la méthode. Sa newsletter OSINT Field Notes décompose minutieusement les mécanismes par lesquels l'information se transforme en désinformation, et comment les citoyens peuvent reprendre le contrôle de la vérification. L'affaire Brown University illustre parfaitement le phénomène : une carte de caméras de surveillance devient viralement "publiée par l'université" alors qu'elle provient d'un projet communautaire OpenStreetMap.
"Accessible au public ne signifie pas officiellement publié. Une carte rendue n'est pas le jeu de données sous-jacent. Et les données sur un lieu ne sont pas les mêmes que les données publiées par ce lieu."
— Benjamin Strick, Journaliste d'investigation, expert OSINT
Ce glissement sémantique transforme un outil de transparence citoyenne en accusation institutionnelle. Plus troublant encore, l'enquête révèle des feeds de surveillance mal configurés, exposés sur internet, créant des vulnérabilités massives pour les citoyens ordinaires. Face à cette architecture défaillante du contrôle, Strick propose des workflows concrets : audit de métadonnées PDF, vérification de provenance, géolocalisation collaborative. Ce qui ressort de cette compilation, c'est moins un catalogue d'outils qu'une philosophie de l'investigation citoyenne.
Points de vigilance : Risque de technofétichisme si les outils deviennent une fin en soi. L'OSINT peut aussi servir la surveillance d'État si mal encadrée...
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
https://da.van.ac/note-methodologique-5-piliers/
Et maintenant ?
🤘 Créer des réseaux de vérification croisée entre journalistes et citoyens
Structurer des coalitions fact-checkeurs + développeurs + citoyens formés à l'OSINT pour créer un contre-pouvoir informationnel. Le modèle : cellules collaboratives avec workflows standardisés, bases de données partagées, et formation mutuelle aux techniques de vérification avancée.
→ On saura que ça marche quand les médias mainstream citeront régulièrement des vérifications issues de ces réseaux citoyens comme sources crédibles.
💪 Auditer systématiquement les métadonnées avant de partager un document
Adopter le réflexe d'ExifTool et Wayback Machine avant toute diffusion. Chaque citoyen devient un maillon de vérification en appliquant les workflows de Strick : métadonnées, provenance, versions antérieures. Effet démultiplicateur : ralentir la propagation de fausses informations à la source.
→ On saura que ça marche quand les services de fact-checking noteront une baisse des contenus viraux non-vérifiés sur les réseaux sociaux.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques

