
L'affaire Solvinity révèle une nouvelle géopolitique du numérique européen. Cette société néerlandaise de 275 employés gère DigiD, l'application d'authentification utilisée par tous les citoyens pour leurs démarches administratives, médicales et immobilières. Elle sécurise aussi les communications du ministère de la Justice. Quand l'américain Kyndryl (spin-off d'IBM, valorisé 2,7 milliards $) annonce son rachat en novembre 2025, l'alerte est immédiate : le Cloud Act américain pourrait s'appliquer à cette infrastructure critique.
"Ils portent une grande valeur à la présence d'entreprises étrangères, en particulier de sociétés technologiques issues des États-Unis, mais ils maintiennent un cadre indépendant d'examen des investissements afin de protéger l'intérêt public"
— Willemijn Aerts, Secrétaire d'État chargée de l'économie numérique, Pays-Bas
La secrétaire d'État Willemijn Aerts saisit l'agence BTI, qui conclut à un « risque probable pour l'intérêt public ». Le 25 mai 2026, le gouvernement suit cet avis et bloque l'opération. Première interdiction d'une acquisition américaine depuis la création de BTI en 2020. Pendant ce temps, sept fournisseurs cloud néerlandais s'organisent collectivement pour créer une alternative européenne avec des standards communs et une clause de récupération mutuelle en cas de rachat non-européen.
Points de vigilance
Risque de fragmentation du marché européen si chaque pays développe ses propres critères d'exclusion. La coalition des 7 fournisseurs cloud néerlandais pourrait rester un club fermé sans ouverture aux acteurs européens d'autres pays.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer des coalitions cloud européennes avec standards communs
Reproduire le modèle néerlandais : 7 fournisseurs cloud qui s'accordent sur des standards communs pour faciliter la portabilité et se répartir les projets critiques. Inclure une clause de récupération mutuelle si l'un d'eux est racheté par un acteur non-européen. Étendre ce modèle à l'échelle européenne avec des fournisseurs de différents pays.
→ On saura que ça marche quand au moins 3 pays européens auront créé des coalitions cloud nationales avec des accords de réciprocité transfrontaliers.
- 🤘 Harmoniser les critères européens de blocage d'acquisitions critiques
Coordonner les agences nationales d'examen des investissements (BTI aux Pays-Bas, etc.) pour définir des critères communs d'évaluation des risques souverains. Éviter que chaque pays développe ses propres règles et crée une fragmentation du marché européen. Partager les analyses de risque entre agences.
→ On saura que ça marche quand les 27 agences nationales d'investissement utiliseront une grille d'évaluation commune pour les infrastructures critiques.
- 💪 Auditer la nationalité des fournisseurs de ses services critiques
Pour les collectivités et entreprises : cartographier la chaîne de propriété de leurs fournisseurs d'infrastructure critique (cloud, authentification, sécurité). Identifier les points de vulnérabilité juridictionnelle (Cloud Act, lois de sécurité nationale). Préparer des plans de migration vers des alternatives européennes avant d'être contraints.
→ On saura que ça marche quand les appels d'offres publics incluront systématiquement un critère de souveraineté juridictionnelle avec pondération chiffrée.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
💬 On en discute ?
Tu veux recevoir le flux quotidien des articles publiés sur le site ? Suis-moi sur LinkedIn, Bluesky, Mastodon, Facebook ou rejoins-moi sur Discord !
Tu as des remarques, des suggestions, ou tu veux discuter d'une idée pour avancer dans tes propres projets ? Connecte-toi et laisse-moi un commentaire ou jette un oeil directement à mon agenda. 📆
Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

