
Le paradoxe est saisissant : Hayes est chargé de définir les politiques pour 'atténuer les méfaits des deepfakes' alors que Grok, l'IA qu'il a contribué à développer, génère précisément ces contenus sexualisés non-consentis et s'auto-proclame 'MechaHitler'. L'homme qui doit protéger la société des dérives de l'IA reste financièrement intéressé au succès de l'entreprise la plus problématique du secteur.
Cette situation révèle un mécanisme de capture réglementaire en temps réel. Pendant que Hayes influence la politique fédérale, xAI multiplie les contrats publics : 200 millions avec le Pentagone, accès à toutes les agences fédérales pour 42 centimes par agence. L'écosystème se referme sur lui-même, transformant la régulation en levier commercial.
Points de vigilance : Ne pas confondre régulation cosmétique et vraie supervision indépendante. Le débat sur les 'dérogations éthiques' masque la question structurelle de la capture réglementaire.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
Face à ces enjeux, plusieurs pistes d'action systémique se dessinent.
🤘 Créer des structures de régulation étanches avec mandat d'indépendance absolue.
L'enjeu dépasse ce cas particulier : comment empêcher que les régulateurs de l'IA soient systématiquement issus des entreprises qu'ils supervisent ? Une piste serait de constituer des autorités de régulation avec des profils délibérément diversifiés - chercheurs académiques, représentants de la société civile, experts en droits humains - et des mandats longs non-renouvelables. Le modèle pourrait s'inspirer des banques centrales : indépendance budgétaire, nomination croisée entre institutions, interdiction de pantouflage pendant 10 ans minimum.
On saura que ça marche quand les nominations aux postes de régulation IA susciteront des débats publics sur l'indépendance des profils, et quand les premières sanctions lourdes frapperont les Big Tech sans négociation en coulisses.
Instituer la transparence totale des conflits d'intérêts en temps réel.
Plutôt que de multiplier les dérogations secrètes, pourquoi ne pas rendre publiques et traçables toutes les participations financières des décideurs ? Une base de données ouverte, actualisée en temps réel, croisant postes publics et intérêts privés. Les citoyens pourraient ainsi suivre qui décide quoi avec quels intérêts en jeu. Cette transparence créerait une pression sociale naturelle sur les nominations les plus problématiques, tout en documentant les réseaux d'influence pour les journalistes et ONG.
On saura que ça marche quand les médias pourront tracer automatiquement les conflits d'intérêts grâce à des APIs publiques, et quand les premières nominations seront retirées sous pression citoyenne avant même leur prise de fonction.
🤘 Construire une coalition 'deepfakes victims' avec mandat politique.
Les victimes de deepfakes non-consentis ont un pouvoir de mobilisation énorme mais dispersé. Une alliance structurée - célébrités, citoyens ordinaires, ONG féministes, associations de journalistes - pourrait peser sur les nominations réglementaires. Cette coalition aurait une légitimité particulière pour contester les conflits d'intérêts dans ce secteur, en témoignant directement devant le Congrès des conséquences concrètes de la capture réglementaire.
On saura que ça marche quand les auditions de confirmation incluront systématiquement des témoignages de victimes, et quand les premières class actions cibleront directement les régulateurs complices via leurs employeurs privés.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


