
Cette situation révèle un paradoxe savoureux : le réseau social décentralisé qui prétend échapper au pouvoir des géants technologiques se retrouve gouverné par... Meta. Le W3C vient de créer un nouveau groupe de travail pour faire évoluer ActivityPub, mais seuls les membres payants peuvent y participer. Résultat : Meta et la Social Web Foundation (qu'elle finance) sont les seules organisations du fédiverse à avoir un siège à la table. Mastodon, Framasoft et les autres développeurs de logiciels libres sont exclus, sauf invitation exceptionnelle.
"Utiliser l'architecture réseau pour résoudre les questions de distribution du pouvoir ne fait que déplacer les goulots d'étranglement plutôt que de les éliminer [traduit de l'anglais]"
— Laurens Hof, Auteur du Fediverse Report
Le comble ? Les développeurs d'applications fédiverse ont largement boudé les processus ouverts précédents, laissant le champ libre aux acteurs institutionnels. Cette configuration illustre comment l'architecture décentralisée ne garantit pas une gouvernance décentralisée : elle déplace simplement les rapports de force vers des espaces moins visibles, où les ressources financières redeviennent déterminantes.
Points de vigilance : Risque que la critique de Meta masque l'inaction des développeurs fédiverse qui ont eu des années pour participer aux processus ouverts...
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Créer un consortium technique fédiverse pour contrebalancer le W3C
Alliance Mastodon + Framasoft + PeerTube + autres développeurs pour financer collectivement l'adhésion W3C ou créer une gouvernance technique parallèle avec critères d'implémentation contraignants. Exploiter le fait que sans adoption par les implémenteurs principaux, les spécifications W3C restent lettre morte.
→ On saura que ça marche quand Meta devra négocier avec un bloc technique unifié plutôt qu'avec des développeurs isolés.
🤘 Transformer l'exclusion financière en atout démocratique
Coaliser les exclus du W3C autour d'un processus de gouvernance alternatif : spécifications communautaires avec mécanisme de vote pondéré par l'usage réel, certification d'interopérabilité indépendante, et adoption collective pour forcer la reconnaissance post-facto.
→ On saura que ça marche quand les spécifications 'non-officielles' deviennent le standard de facto par adoption massive.
💪 Auditer et documenter les écarts entre spéc officielle et pratique
Chaque administrateur d'instance peut contribuer en documentant les incompatibilités entre la spécification W3C et les implémentations réelles, créant une base de données publique qui révèle l'écart entre gouvernance formelle et réalité technique.
→ On saura que ça marche quand ces audits citoyens forcent le W3C à reconnaître que ses spécifications ne correspondent pas aux usages réels.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


