
L'initiative de Sony frappe par son caractère paradigmatique : breveter une IA qui joue littéralement à votre place aux jeux vidéo. Le 'Ghost Player' propose deux modes : guide visuel ou prise de contrôle totale du personnage. Ce qui ressemble à une fonctionnalité d'accessibilité révèle en fait une logique plus profonde de substitution de l'action humaine par l'automatisation.
L'industrie du jeu vidéo devient un laboratoire de cette dérive. Microsoft a déjà lancé Copilot for Gaming, Epic Games annonce l'IA dans 'presque toute la production future', tandis que les joueurs rejettent massivement l'IA créative (voix, visuels). Sony va plus loin : pourquoi jouer quand l'IA peut le faire pour vous ?
Cette évolution cristallise un enjeu systémique majeur : l'industrie numérique transforme progressivement l'utilisateur en spectateur de sa propre expérience. Le jeu vidéo, dernier bastion d'interactivité active, bascule vers le modèle du divertissement passif. On assiste à l'industrialisation de l'abdication de l'agentivité sous couvert de 'facilité'.
Points de vigilance : Risque de normalisation progressive : ce qui commence par de l'assistance devient la norme d'usage, créant une dépendance à l'automatisation même dans les loisirs.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Créer un label 'Jeu 100% humain' porté par développeurs indépendants
Coalition de studios indépendants, associations de joueurs et critiques spécialisés pour certifier les jeux sans IA de substitution. Créer un marché premium de l'expérience authentique face à l'automatisation généralisée, avec charte technique publique et audit communautaire.
→ On saura que ça marche quand les plateformes de distribution créeront une catégorie dédiée 'Sans IA de substitution' et que les ventes de ces jeux surperformeront.
💪 Documenter et partager publiquement ses échecs de jeu comme résistance
Transformer l'échec en jeu en acte politique : filmer ses tentatives ratées, créer des communautés de 'hard gamers' qui revendiquent la difficulté. Faire de la persistance face à l'obstacle un marqueur identitaire contre l'assistance IA.
→ On saura que ça marche quand les hashtags #NoAIGaming ou #HardcoreOnly génèreront plus d'engagement que les contenus assistés par IA.
✊ Exploiter le droit à la déconnexion pour interdire l'IA dans l'ESport
Coalitions syndicales, fédérations d'esport et associations de consommateurs pour faire reconnaître le jeu comme activité cognitive protégée. S'appuyer sur les réglementations existantes du droit à la déconnexion pour créer des 'zones sans IA' dans le divertissement interactif.
→ On saura que ça marche quand les premières réglementations sur l'étiquetage obligatoire de l'assistance IA dans les jeux seront adoptées par les autorités de régulation.
Ce qu'ils en disent
"L'IA sera utilisée dans presque toute la production future [traduit de l'anglais]"
— Tim Sweeney, PDG, Epic Games
"2026 sera l'année où l'IA dans le gaming devient super ennuyeuse [traduit de l'anglais]"
— Mike Drucker, Journaliste, The Gamer
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


