
L'histoire de Will Freeman illustre comment la résistance citoyenne peut retourner les outils de surveillance contre leurs créateurs. Son site DeFlock.me cartographie les dizaines de milliers de caméras ALPR (Automated License Plate Readers) de Flock Safety qui collectent les données de localisation de chaque véhicule pour alimenter une base de données policière nationale.
"J'étais totalement impréparé à recevoir une lettre de mise en demeure. Je peux voir comment la plupart des gens seraient intimidés et se soumettraient à une menace comme celle-là."
— Will Freeman, Créateur de DeFlock.me
Quand Flock Safety l'attaque avec des menaces juridiques pour violation de marque, Freeman fait appel à l'EFF qui reconnaît son travail comme une forme de critique protégée par le Premier Amendement. La société de surveillance recule. Pendant ce temps, dans des villes à travers le pays, des militants de la vie privée font pression sur les élus pour bloquer ou annuler les contrats ALPR — et ils gagnent. Cette dynamique révèle un mécanisme puissant : transformer la transparence en arme contre l'opacité de la surveillance de masse.
Points de vigilance
Risque de récupération par les autorités qui pourraient utiliser ces cartographies citoyennes pour optimiser leur propre surveillance. La bataille juridique reste asymétrique malgré le soutien de l'EFF.
Et maintenant ?
- 🤘 Fédérer les cartographies citoyennes de surveillance en réseau européen
Connecter DeFlock.me avec des initiatives similaires en Europe pour créer une base de données transfrontalière des dispositifs de surveillance urbaine. Permettre aux citoyens de documenter et contester les contrats de surveillance de leurs municipalités avec des données comparatives.
→ On saura que ça marche quand au moins 5 pays européens auront leur équivalent de DeFlock.me interconnecté avec partage de méthodologies.
- 💪 Documenter et publier les contrats de surveillance de sa commune
Utiliser les demandes d'accès aux documents administratifs pour obtenir les contrats de surveillance urbaine (caméras, ALPR, reconnaissance faciale) et les publier sur des plateformes citoyennes. Créer une pression par la transparence sur les élus locaux.
→ On saura que ça marche quand les municipalités commenceront à justifier publiquement leurs choix technologiques avant signature des contrats.
- ✊ Coordonner des recours collectifs contre les contrats ALPR municipaux
Organiser des recours juridiques groupés dans plusieurs villes simultanément pour contester la légalité des contrats de surveillance automatisée sans consentement citoyen. Cibler le pilier 'légitimité institutionnelle' des entreprises de surveillance en créant un précédent juridique.
→ On saura que ça marche quand Flock Safety et ses concurrents devront modifier leurs contrats-types pour intégrer des clauses de protection des données plus strictes.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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