
L'Ouganda vient de démontrer que la promesse d'un internet incensurable via satellite était illusoire. Deux jours avant les élections générales, le gouvernement de Yoweri Museveni - au pouvoir depuis 40 ans et candidat pour un septième mandat - a ordonné la coupure totale d'internet sous prétexte de lutter contre la désinformation.
Plus révélateur encore : Starlink, le service satellite d'Elon Musk présenté comme une solution de contournement ultime, avait été préalablement neutralisé par les autorités ougandaises qui l'avaient déclaré illégal dès le 1er janvier. Cette double coupure - internet terrestre ET satellite - révèle un nouveau niveau de sophistication dans la censure étatique.
"Partout dans le monde, les gouvernements déploient des coupures d'internet pour interférer avec les résultats électoraux et saper la participation démocratique. Cette pratique nuit aux droits humains [traduit de l'anglais]"
— Access Now, Organisation mondiale de défense des droits numériques
L'Iran avait ouvert la voie avec ses brouilleurs militaires GPS qui dégradent les performances satellitaires de 80%, l'Ouganda systématise le procédé. Ce qui se joue ici dépasse la simple question électorale : c'est l'émergence d'un modèle de contrôle total de l'information qui neutralise même les technologies de contournement les plus avancées.
Points de vigilance : Risque de normalisation de ces pratiques dans d'autres contextes autoritaires, avec perfectionnement des techniques de neutralisation satellitaire.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Construire des réseaux mesh décentralisés résistants aux coupures nationales
Coalition opérateurs télécom démocratiques + ONG technologiques + collectivités locales pour déployer des infrastructures mesh qui maintiennent la connectivité locale même en cas de coupure nationale. Exploiter les failles géographiques et techniques des shutdowns centralisés.
→ On saura que ça marche quand les zones urbaines maintiendront 30% de connectivité lors des prochains shutdowns via des réseaux mesh indépendants.
🤘 Organiser des coalitions diplomatiques pour sanctionner les shutdowns électoraux
Alliance observateurs électoraux internationaux + organisations de droits numériques + partenaires commerciaux pour créer des coûts économiques automatiques aux shutdowns. Mécanisme de suspension commerciale immédiate dès détection de coupure pré-électorale.
→ On saura que ça marche quand au moins 5 pays reporteront des accords commerciaux suite à des shutdowns électoraux documentés.
💪 Documenter et archiver massivement avant les périodes de shutdown prévisibles
Archivage préventif des contenus critiques locaux sur des serveurs externes lors des périodes pré-électorales identifiées. Créer des bibliothèques de sauvegarde automatique qui anticipent les patterns temporels de censure par pays.
→ On saura que ça marche quand les archives pré-shutdown permettront de reconstituer 80% de l'information locale censurée dans les 48h suivant la reconnexion.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !
Cinq piliers pour prendre soin de nos libertés numériques


