Quand les futurs managers des médias viennent prendre le pouls de Bruxelles

Du 30 mars au 2 avril, les étudiants du Master Management des médias de l’ESJ Lille ont rencontré les dirigeants de la RTBF, L’Écho, Belga, Contexte, Le Soir et le Parlement européen.

3 avr. 2026
Quand les futurs managers des médias viennent prendre le pouls de Bruxelles

Du 30 mars au 2 avril, j’ai eu le plaisir d’accompagner la promotion 2025-2026 du Master Management des médias de l’ESJ Lille dans un study tour à Bruxelles. Quatre jours de rencontres avec des rédactions, des managers et des décideurs du paysage médiatique belge et européen.

Le programme, organisé par l’ESJ en collaboration avec l’IHECS, a permis aux étudiants de pousser les portes de la RTBF, de L’Écho, de l’Agence Belga, de Contexte, du Soir et du Parlement européen. Pas des visites de courtoisie : des échanges de fond avec les personnes qui pilotent, au quotidien, la transformation de ces organisations.

Remettre l’utilisateur au centre

Ce qui frappe, d’une rédaction à l’autre, c’est la convergence des préoccupations. La transformation numérique n’est plus un sujet de conférence — c’est une réalité opérationnelle, parfois menée à marche forcée. Mais le fil conducteur de ces rencontres n’était pas la technologie en soi. C’était la volonté, souvent très affirmée, de remettre les utilisateurs au centre des décisions éditoriales et stratégiques.

Les données, l’intelligence artificielle, les outils de gestion de crise et de pilotage ne sont pas des fins en soi. Ce sont des leviers pour mieux comprendre les audiences, mieux répondre à leurs besoins, mieux mesurer l’impact du travail journalistique. Cette nuance, les étudiants l’ont saisie très vite — et les échanges en ont été d’autant plus riches.

Cinq rédactions, cinq modèles, un même défi

À la RTBF, Loïc de Vischer (Corporate Innovation Manager), Samuel Profumo (directeur data), Adriano Gambi (responsable PMO entreprise) et Axelle Pollet (porte-parole et responsable réputation) ont ouvert le jeu sur la manière dont un service public audiovisuel se réinvente de l’intérieur — entre pilotage par la donnée, innovation organisationnelle et gestion de la réputation dans un environnement médiatique sous tension.

À L’Écho, Nicolas Becquet, manager du pôle digital, a partagé sa vision de la transformation d’un titre de presse économique, où la donnée et les nouveaux formats éditoriaux redessinent la relation avec les lecteurs

Chez Belga, Patrick Lacroix (CEO) et Philippe De Camps (rédacteur en chef adjoint) ont décrit un virage stratégique marquant : celui d’une agence de presse historique qui passe d’une organisation éditoriale traditionnelle à une véritable infrastructure d’information, servant non seulement les médias, mais aussi les institutions, les entreprises et, de plus en plus, les machines. L’impact de l’IA sur les workflows, l’éthique éditoriale dans un environnement automatisé, le modèle bilingue — autant de sujets que les étudiants ont pu creuser en profondeur.

À Contexte, Jean-Sébastien Lefebvre (rédacteur en chef) et Grégory Blachier (responsable du pôle Énergie/Transports) ont montré comment un média spécialisé en politique européenne construit sa valeur ajoutée dans un marché de niche exigeant.

Au Soir, Didier Dartois (secrétaire général) et Philippe Laloux (journaliste spécialisé tech, IA et vie privée) ont apporté le regard d’un quotidien généraliste confronté à toutes les tensions du secteur : pression économique, transformation éditoriale, place de l’IA dans la salle de rédaction.

Le monde comme toile de fond

Le contexte économique et géopolitique mondial s’est évidemment invité dans les discussions. Les médias traditionnels ne se transforment pas dans le vide : ils le font sous la pression de modèles économiques fragilisés, de publics fragmentés, d’une concurrence informationnelle sans précédent. Comprendre ces dynamiques, c’est comprendre pourquoi certaines décisions managériales sont prises — et à quel prix.

Pour des étudiants en management des médias, cette immersion bruxelloise offrait exactement ce qu’aucun cours magistral ne peut fournir : le contact direct avec la complexité du réel, la franchise de managers qui partagent aussi leurs doutes et leurs échecs, et la possibilité de confronter les modèles théoriques à la pratique.

Merci

Merci à l’ESJ Lille pour la confiance renouvelée. Merci à Loïc de Vischer, Samuel Profumo, Adriano Gambi et Axelle Pollet à la RTBF ; à Nicolas Becquet à L’Écho ; à Patrick Lacroix et Philippe De Camps chez Belga ; à Jean-Sébastien Lefebvre et Grégory Blachier chez Contexte ; à Didier Dartois et Philippe Laloux au Soir — et à toutes les équipes du Parlement européen — pour la qualité de leur accueil et la générosité de leurs échanges.

Et merci aux étudiants pour leur curiosité, leurs questions pointues et leur énergie. Comme Patrick Lacroix l’a souligné après la visite chez Belga : ces étudiants entrent dans une profession en pleine mutation, et ils en sont pleinement conscients. Ça donne confiance.

Ce type de programme rappelle une chose simple : la meilleure façon d’apprendre le management des médias, c’est d’aller voir celles et ceux qui le pratiquent, là où ça se passe.


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