
Le paradoxe est documenté dans plus de 1 000 pages de rapports internes obtenus par Wired : le FBI et le Department of Homeland Security surveillent désormais les « extrémistes anti-tech », après avoir passé dix ans à alimenter cette hostilité. Les autorités fédérales ont traîné les PDG tech devant le Congrès, les accusant de tout favoriser, du trafic sexuel aux suicides d'adolescents. Maintenant qu'une opposition organisée émerge, elles la classent comme menace domestique.
"L'atmosphère chaotique qui pourrait résulter de la technologie IA émergente dans les cinq prochaines années pourrait alimenter des manifestations à grande échelle qui dégénèrent en troubles civils et en activité extrémiste violente anti-tech, en particulier dans les grandes zones urbaines comme New York [traduit de l'anglais]"
— New York Intelligence and Counterterrorism Bureau, Bureau de renseignement et de contre-terrorisme de New York
Les rapports montrent une surveillance de manifestations constitutionnellement protégées, notamment les « Tesla Takedown » et les événements « Break Up With Tech ». Le Northern Virginia Regional Intelligence Center documente cette surveillance d'activités légales, tandis que le New York Intelligence Bureau prédit des « troubles civils anti-tech » liés à l'IA dans les cinq prochaines années. Cette dynamique révèle un mécanisme classique : créer l'hostilité pour justifier le contrôle, puis surveiller ceux qui s'opposent au système qu'on a contribué à rendre détestable.
Points de vigilance
Risque de légitimer la surveillance d'État en acceptant le cadrage 'extrémisme anti-tech'. La critique des plateformes peut coexister avec la défense des droits constitutionnels des manifestants.
Et maintenant ?
- 🤘 Créer une alliance juristes-militants pour documenter la surveillance abusive
Fédérer avocats spécialisés en droits civiques et groupes militants tech pour documenter systématiquement les cas de surveillance de manifestations légales. Utiliser les FOIA requests pour obtenir les rapports internes et créer une base de données publique des abus. Cette documentation devient un levier juridique pour contester les pratiques et sensibiliser l'opinion.
→ On saura que ça marche quand les agences fédérales devront justifier publiquement leurs critères de surveillance et que des recours collectifs aboutiront.
- 💪 Auditer sa propre empreinte numérique avant de manifester
Développer des guides pratiques pour que les militants évaluent leur exposition numérique avant de participer à des manifestations. Inclure : audit des réseaux sociaux, communications chiffrées, gestion des métadonnées. Cette préparation individuelle renforce la sécurité collective et réduit les surfaces d'attaque pour la surveillance préventive.
→ On saura que ça marche quand les manifestants arriveront préparés numériquement et que les tentatives de surveillance préventive échoueront faute de données exploitables.
- ✊ Coordonner un retrait des données des fusion centers par les collectivités
Organiser une campagne pour que les villes et États retirent leur participation aux fusion centers fédéraux qui surveillent les manifestants légaux. Cibler le pilier 'coopération locale' du système de surveillance en documentant les abus et en mobilisant les élus locaux. Utiliser les budgets municipaux comme levier de pression.
→ On saura que ça marche quand plusieurs grandes villes suspendront leur participation aux fusion centers et que le réseau de surveillance perdra sa capillarité locale.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
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Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.
Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre


