
Les chiffres donnent le vertige : 46 millions d'utilisateurs YouTube, 27,8 millions sur TikTok, 23,7 millions sur Instagram en France. Dans cette masse de contenus, les algorithmes de recommandation règnent en maîtres opaques, façonnant ce que nous voyons sans que nous comprenions leurs critères. L'association Tournesol propose une alternative radicale : un système de recommandation collaboratif où les utilisateurs évaluent collectivement la qualité des vidéos selon des critères explicites. Le projet, développé depuis cinq ans en open source, démontre qu'on peut sortir de la dictature algorithmique par l'intelligence collective organisée. Ce qui se joue ici dépasse la simple question technique : c'est la possibilité de reprendre le contrôle sur nos flux d'information.
Points de vigilance
Risque d'effet de niche si le système reste confiné aux early adopters. L'adoption massive nécessite une facilité d'usage comparable aux plateformes dominantes.
Et maintenant ?
- 🤘 Fédérer bibliothèques et médias publics autour d'algorithmes ouverts
Créer une coalition bibliothèques nationales + médias de service public européens pour adopter et financer des systèmes de recommandation ouverts comme Tournesol. L'effet de réseau public peut concurrencer les algorithmes privés en offrant une alternative crédible financée par l'impôt.
→ On saura que ça marche quand les plateformes publiques européennes (Arte, France TV, BBC) partageront un même système de recommandation ouvert
- 💪 Devenir contributeur actif d'un système de recommandation alternatif
Rejoindre Tournesol ou des projets similaires pour évaluer des contenus selon des critères explicites. Chaque évaluation renforce l'intelligence collective face aux boîtes noires algorithmiques. L'effet démultiplicateur vient de la qualité croissante des recommandations.
→ On saura que ça marche quand les utilisateurs préféreront consulter les recommandations collaboratives avant celles des plateformes
- ✊ Organiser un audit public des algorithmes de recommandation
Coalition chercheurs + journalistes + régulateurs pour exiger des plateformes qu'elles soumettent leurs algorithmes à un audit indépendant avec publication des critères de recommandation. Le Digital Services Act européen offre un levier juridique pour contraindre à la transparence.
→ On saura que ça marche quand les plateformes publieront trimestriellement leurs critères de recommandation sous contrôle d'un organisme indépendant
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !


