Washington finance des think-tanks européens pour contrer le Digital Services Act

L'administration Trump charge sa sous-secrétaire d'État de financer des organisations européennes alignées sur ses positions contre la régulation numérique de l'UE.

13 févr. 2026
Washington finance des think-tanks européens pour contrer le Digital Services Act
La sous-secrétaire de Trump, Sarah Rogers, accuse l’Union d’avoir créé un «appareil de censure»
Présente hier, lundi 9 février, à Budapest pour un événement organisé par un think-tank hongrois proche de Viktor Orbán, la sous-secrétaire d’État américaine à la diplomatie publique et aux affaires publiques, Sarah B. Rogers, s’est attaquée à la législation européenne sur les services numériques. Tout en comparant le règlement à un outil de censure semblable à ceux utilisés par le Parti communiste chinois, elle a affirmé vouloir œuvrer à « consolider les racines civilisationnelles communes des États-Unis et de l’Europe » — notamment en portant au pouvoir des partis alignés sur la politique MAGA de la Maison-Blanche.

Cette offensive diplomatique révèle une stratégie coordonnée : l'administration Trump instrumentalise la rhétorique de la liberté d'expression pour saper la régulation européenne du numérique. Sarah Rogers, sous-secrétaire d'État aux affaires publiques, compare ouvertement le Digital Services Act aux pratiques de censure de la RDA et de la Chine, tout en annonçant un financement direct de think-tanks européens opposés à Bruxelles.

"La législation européenne sur les services numériques constitue une forme plus insidieuse d'appareil de censure par rapport aux régimes totalitaires, qui auraient eu le mérite de censurer certains contenus d'une manière plus honnête et directe"

— Sarah B. Rogers, Sous-secrétaire d'État américaine à la diplomatie publique et aux affaires publiques

L'opération se déploie depuis Budapest avec l'appui du régime d'Orbán, créant un axe Washington-Budapest contre les régulations européennes. Ce qui frappe, c'est l'inversion rhétorique : présenter la transparence algorithmique et la modération de contenus comme plus insidieuses que la censure directe des régimes totalitaires. Derrière cette bataille idéologique se cache un enjeu de souveraineté numérique : qui définit les règles du jeu pour les plateformes mondiales ?

Points de vigilance

Risque de polarisation excessive entre modèles américain et européen, instrumentalisation de la liberté d'expression au service d'intérêts géopolitiques, fragmentation de l'espace numérique mondial.

Et maintenant ?

  • 🤘 Créer une alliance transatlantique des régulateurs numériques indépendants

Coalition FTC/DMA/autorités nationales pour développer des standards communs de transparence algorithmique, court-circuitant les logiques purement gouvernementales. Mécanisme : certification croisée des audits, partage de méthodologies, résistance aux pressions politiques par mutualisation des expertises.

→ On saura que ça marche quand les plateformes négocieront avec un bloc de régulateurs unis plutôt qu'avec des États isolés.

  • 🤘 Organiser la riposte européenne par le financement d'ONG numériques

Répliquer à la stratégie trumpienne en finançant massivement des organisations de défense des droits numériques européennes (EDRi, BEUC, Bits of Freedom) pour porter la vision européenne de la régulation outre-Atlantique et dans les pays tiers.

→ On saura que ça marche quand les think-tanks européens influenceront les débats de régulation numérique aux États-Unis et en Asie.

  • 💪 Documenter systématiquement les financements des think-tanks pro-déréglementation

Créer une base de données publique des financements (gouvernements, plateformes, fonds) des organisations qui militent contre la régulation numérique. Effet multiplicateur : permettre aux journalistes et citoyens d'identifier les conflits d'intérêts lors des débats publics.

→ On saura que ça marche quand chaque intervention publique contre la régulation sera automatiquement contextualisée par ses sources de financement.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !