
Cette enquête révèle un mécanisme pervers : YouTube a permis l'industrialisation du harcèlement de rue. Des créateurs comme Charles Veitch ou DJEMEDIA ont transformé l'humiliation de personnes vulnérables en business model, générant des millions de vues en filmant sans consentement migrants, sans-abris et toxicomanes.
"Je me promenais à Stockport et une bande de communistes qui puent, brandissant des drapeaux du Hamas, sont en train de s'enregistrer au Britannia Hotel […] Ce n'est qu'une question de temps avant que je voie des nez crochus, des Trotski et des types à queue-de-cheval."
— Charles Veitch, YouTubeur d'extrême droite
Le procédé suit une recette éprouvée : choisir des quartiers précaires, provoquer la confrontation, monétiser l'indignation. L'algorithme YouTube amplifie ces contenus car ils génèrent de l'engagement négatif, créant un cercle vicieux où la haine rapporte plus que l'empathie. Ce phénomène, documenté au Royaume-Uni et aux États-Unis, commence à essaimer en France avec des créateurs comme Vincent Lapierre. L'enjeu dépasse la modération : c'est toute une économie de la déshumanisation qui prospère sur l'asymétrie entre créateurs organisés et victimes isolées.
Points de vigilance : Risque de censure excessive si les plateformes réagissent de manière disproportionnée, pouvant affecter le journalisme légitime. L'autodéfense numérique des victimes pourrait créer des problèmes de vie privée.
8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder

Et maintenant ?
🤘 Créer une coalition associations-annonceurs contre la monétisation de la haine
Organiser un front commun entre associations antiracistes, syndicats de travailleurs sociaux et marques éthiques pour cibler les revenus publicitaires de ces chaînes. Identifier les annonceurs qui financent indirectement ce contenu et les confronter publiquement à leur responsabilité dans le financement du harcèlement de rue.
→ On saura que ça marche quand les revenus publicitaires de ces créateurs chuteront significativement et que les marques intégreront des clauses anti-harcèlement dans leurs contrats publicitaires.
🤘 Développer des contre-récits documentés par les communautés filmées
Soutenir les habitants des quartiers ciblés pour qu'ils produisent leurs propres contenus, avec formation technique et juridique. Créer un fonds participatif pour financer ces récits alternatifs et leur donner une visibilité algorithmique supérieure aux contenus de harcèlement.
→ On saura que ça marche quand les contenus produits par les communautés elles-mêmes dépasseront en audience les vidéos de harcèlement sur les mêmes territoires.
💪 Signaler massivement les contenus pour subversion algorithmique
Organiser des campagnes coordonnées de signalement pour exploiter les faiblesses de la modération automatique. Former des groupes d'utilisateurs à signaler ces vidéos selon les critères précis de YouTube (harcèlement, contenu haineux) pour déclencher des examens systématiques.
→ On saura que ça marche quand les délais de modération se raccourciront et que le taux de suppression de ces contenus augmentera significativement.
Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.
Si tu connais des exemples réels qui vont dans ce sens — ou des contre-exemples qui méritent d'être documentés — partage-les en commentaires et discutons-en ensemble sur Discord !

