Pendant vingt ans, cette ligne éditoriale a existé uniquement dans ma tête. Depuis octobre dernier, elle est devenue une contrainte technique : plus de 15 000 lignes de code qui chargent mes principes en prémisses de chaque analyse, distinguent les faits documentés de l'interprétation et refusent de publier une affirmation sans avoir recouper les sources. Dans ce billet, je te raconte le pourquoi, le comment, et ce que six mois de production ont appris au système — et à moi.

C'est aussi le condensé d'une keynote présentée début juillet devant le directoire de Ouest-France, à Rennes, et que je peux très volontiers te partager à toi et tes équipes dès la rentrée.
Si tu veux en discuter, mon mail reste actif et je reprends le collier dès le 10 août.
Six mois, en chiffres
Côté visible : 556 articles sur da.van.ac, 1 524 posts sur les réseaux, et 29 newsletters . Sur LinkedIn : 2,87 millions d'impressions, 35 500 engagements, 5 000 abonnés de plus. Et ici, sur le canal qui compte le plus à mes yeux : la newsletter a gagné 74 % d'abonnés depuis janvier. Vous êtes aujourd'hui 480, dont 16 arrivés cette semaine. Plus d'un mail sur deux est ouvert, dimanche après dimanche — entre 51 et 56 % sur les six dernières éditions.
Ce que les chiffres ne disent pas
La partie la plus précieuse de ces six mois n'apparaît dans aucun tableau de bord : la richesse de nos conversations et la qualité de nos interactions . Les réponses à ces mails, les commentaires qui prolongent ou contredisent une analyse, les call de 30 minutes qui se transforment en conférences, en projets de développements, en demande d'accompagnement stratégique ... mais aussi ces messages qui signalent une imprécision ou un raccourci trop facile et qui font qu'une règle du système est corrigée pour de bon. Le pipeline apprend de ses ratés ; vous êtes la boucle de rétroaction que je ne peux pas coder.
Merci. Sincèrement. Nourrir une communauté qui répond, corrige et relance vaut plus que n'importe quelle courbe d'impressions ou vanity metrics
La pause, et ce qui arrive derrière
FLTR prend maintenant sa pause estivale. Pas par lassitude — par nécessité : la rentrée s'annonce dense. Il y aura plusieurs annonces côté IHECS (encore un peu de patience), et un déménagement : direction le quartier Reyers, à deux pas du Média Square tout neuf de la RTBF et du futur Mediapark bruxellois. De quoi nourrir pas mal d'éditions de cette newsletter à partir de septembre 😋

Gardons un oeil (et une oreille) grands ouverts
Continue surtout à m'envoyer les liens qui t'interpellent et à poursuivre la discussion sur le posts ouverts (n'hésite pas non plus à transférer cette édition à tes amis pour qu'ils soient dans la boucle dès la rentrée ;-)
Mais je ne m'interdis évidemment pas l'une ou l'autre édition spéciale d'ici là. L'été est la saison préférée des textes qui passent en douce, pendant que tout le monde regarde ailleurs. Exemple encore ce vendredi : le Parlement européen a échoué à rejeter la prolongation de « Chat Control » — 314 voix pour le rejet, 276 contre, mais la majorité absolue requise n'était pas atteinte. Résultat : la dérogation qui autorise les plateformes de messagerie à scanner « volontairement » les communications privées est prolongée jusqu'au 3 avril 2028. Les députés ont bien voté des amendements pour exclure les messageries chiffrées de bout en bout — reste à voir si le Conseil les conservera. Le récap de Frandroid et le détail du vote chez Euronews valent la lecture.
Un texte rejeté par une majorité des votants, adopté quand même : si ce genre de mécanique se reproduit en plein mois d'août, tu recevras un mail. C'est promis.
📚 À (re)lire cet été (best-of)





🎬 Backstage
Premier article pour La Revue Nouvelle. Le numéro de juin publie « Le Berlin 1936 du football : Coupe du monde 2026 et mécanique de légitimation ». Point de départ : en décembre 2025, la FIFA décernait son premier « prix de la Paix » à Donald Trump ; trois mois plus tard, les États-Unis et Israël bombardaient l'Iran — qui participe au tournoi organisé sur le sol américain. L'article déplie la mécanique de légitimation par le sport, de Berlin 1936 à aujourd'hui.
Au Vif, avec Christophe Leroy. Une interview sur l'IT public belge qui choisit du made in USA plutôt que de l'européen — une opportunité manquée, parce qu'« on ne peut pas simplement débrancher la prise des États-Unis ». Les questions de souveraineté numérique qui traversent cette newsletter chaque semaine, appliquées aux choix très concrets des administrations belges. (Article réservé aux abonnés du Vif.)
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Bonne lecture, et on retrouve à la rentrée !
Je m'appelle Damien Van Achter, Je suis journaliste, prof et consultant en innovation et en entrepreneuriat média. Depuis 2005, j'essaye de comprendre et de raconter comment fonctionnent nos systèmes informationnels.
Au cours du temps, j'ai développé des outils d'analyse qui repèrent les pièges tendus par les entreprises de la tech et certains états, et j'explore des pistes pour tenter de s'en libérer, positivement et avec discernement.
J'explique ici ma démarche, inspirée récemment des travaux de l'historien Timothy Snyder, comment ces analyses sont produites techniquement et humainement, ainsi que leurs limites.
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