Tunisie : dissolution d'Inkyfada, laboratoire de la censure administrative

Les autorités tunisiennes demandent la dissolution d'Al Khatt, éditeur d'Inkyfada, partenaire de l'ICIJ. Méthode : harcèlement administratif, blocage des fonds, enquêtes répétées sur le financement étranger.

12 mai 2026
Tunisie : dissolution d'Inkyfada, laboratoire de la censure administrative
Tunisian authorities threaten to dissolve the parent company of ICIJ partner Inkyfada - ICIJ
The move follows years of legal harassment by government agencies and a wider, escalating crackdown on the Tunisian press.

L'offensive contre Inkyfada révèle une méthode de censure par l'administration. Depuis 2023, les autorités tunisiennes multiplient les procédures contre Al Khatt, l'ONG qui édite ce média partenaire de l'ICIJ : blocage des virements bancaires, suspension d'activité d'un mois, convocations répétées sur le financement étranger. Lundi, un tribunal examine une demande de dissolution pure et simple.

"Inkyfada produit du journalisme d'investigation indépendant en Tunisie depuis plus d'une décennie. La pétition de dissolution, le blocage prolongé de nos fonds, l'enquête criminelle parallèle et les campagnes de diffamation en ligne que nous subissons depuis des mois servent tous le même objectif : mettre fin à ce travail [traduit de l'anglais]"

— Malek Khadhraoui, Directeur exécutif d'Al Khatt et directeur de publication d'Inkyfada

Le timing n'est pas fortuit : Al Khatt a été fondée en 2013 sous le Décret-loi 88, adopté après la révolution tunisienne pour protéger la liberté d'association. Mais le coup de force présidentiel de 2021 et la nouvelle constitution de 2022 ont ouvert la voie à cette offensive. La Tunisie chute de 8 places au classement RSF, désormais 137e sur 180 pays.

Ce qui se joue dépasse Inkyfada : c'est un manuel de démantèlement des médias indépendants par voie administrative. Plutôt que d'interdire frontalement, on multiplie les contrôles, on bloque les financements, on épuise les ressources juridiques. Une méthode exportable dans d'autres contextes autoritaires.

Points de vigilance

Risque de normalisation de ces méthodes administratives dans d'autres pays. La dissolution d'Al Khatt créerait un précédent juridique exploitable par d'autres régimes autoritaires pour contourner les protections constitutionnelles de la presse.

Et maintenant ?

  • 🤘 Créer un fonds d'urgence juridique pour médias indépendants sous pression

Alliance entre fondations internationales, syndicats de journalistes et ONG de défense des libertés pour financer la défense juridique des médias harcelés administrativement. Mécanisme : mutualisation des coûts d'avocats, expertise partagée sur les recours, veille sur les précédents jurisprudentiels.

→ On saura que ça marche quand les médias sous pression administrative pourront maintenir leurs activités pendant les procédures grâce au soutien juridique mutualisé.

  • 🤘 Documenter et cartographier les méthodes de censure administrative

Réseau international de chercheurs et journalistes pour identifier, analyser et publier les techniques de harcèlement administratif utilisées contre les médias. Objectif : créer une base de données des méthodes, des contre-stratégies et des précédents juridiques pour outiller la résistance.

→ On saura que ça marche quand les médias menacés pourront anticiper et contrer les procédures administratives grâce aux patterns documentés.

  • 💪 Soutenir financièrement les médias indépendants avant la crise

Abonnements et dons préventifs aux médias d'investigation pour leur donner une réserve financière avant qu'ils soient attaqués. L'idée : créer une base économique solide qui résiste aux blocages administratifs de fonds.

→ On saura que ça marche quand les médias indépendants disposeront de réserves suffisantes pour maintenir leurs activités malgré les blocages de financement.


8/10 : Score sur l'échelle des "5 piliers de la liberté", inspiré de l'ouvrage de Timothy Snyder
Framework #FLTR — Note méthodologique
Protocole de production et de publication dont la ligne éditoriale est codée dans l’ADN-même du projet. Cette architecture auto-apprenante transforme une intention humaine en contraintes techniques, imposées tant aux outils d’intelligence artificielle qu’aux humains qui les entrainent, et vice-versa

Ces pistes ne sont pas des recettes toutes faites, mais des points d'entrée pour repenser nos systèmes numériques selon une logique de liberté positive : non pas limiter, mais augmenter nos capacités collectives d'action.

Le règlement européen sur l'IA exclut explicitement la sécurité nationale de son périmètre. En Belgique, aucun cadre législatif ne régit aujourd'hui l'utilisation de l'intelligence artificielle par la Défense ou la Police fédérale. La pétition déposée à la Chambre demande trois choses concrètes : un inventaire des systèmes IA déjà déployés, des standards nationaux minimaux, et un positionnement parlementaire sur la surveillance de masse et les armes autonomes.

Comment agir ? La pétition nécessite 25 000 signatures, réparties entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, pour déclencher un examen parlementaire. C'est un mécanisme démocratique existant — il suffit de l'activer. Signer prend moins d'une minute sur le site de la Chambre

56_2025-2026/60 - IA militaire en Belgique : transparence et règles — demande de contrôle parlementaire - 56_2025-2026/60 - IA militaire en Belgique : transparence et règles — demande de contrôle parlementaire - Pétitions - Petities
L’AI Act européen exclut la sécurité nationale de son champ. Aucun texte belge n’encadre donc l’usage de l’IA par la Défense nationale et la Police fédérale.Je demande à la Chambre d’adopter une résolution pour :(1) obtenir du gouvernement un état des lieux des systèmes IA déployés et de leurs garanties contractuelles ; (2) fixer des règles nationales minimales ; et (3) se prononcer sur l’usage de l’IA pour la surveillance de masse et les armes sans supervision humaine.

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